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| Naissance | 14 juin 1926, Bagdad |
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| Décès | 21 avril 1947, prison centrale de Jérusalem |
| Membre de | |
| Nom de guerre | Ben-Zion |
| Olei HaGardom | |
Moshe Barazani (1926-1947) est l'un des héros des Olei HaGardom, les combattants juifs condamnés à mort ou morts avant leur exécution dans la lutte contre les puissances étrangères en Eretz Israël. Membre du Lehi, il est resté dans la mémoire nationale comme le compagnon de Meir Feinstein, combattant de l'Etzel, avec lequel il choisit de mourir dans la prison centrale de Jérusalem plutôt que de monter à la potence britannique.
Son nom incarne l'un des épisodes les plus puissants de la mémoire du sionisme combattant : l'union, dans le sacrifice, de deux jeunes hommes issus de mouvements clandestins différents, réunis par la même fidélité à la liberté d'Israël.
Jeunesse et origines

Moshe Barazani naît le 14 juin 1926 à Bagdad, dans une famille juive originaire d'Irak. Son père, Avraham Barazani, appartient à une famille venue du Kurdistan irakien, tandis que sa mère, Lulu, est issue d'une famille rabbinique irakienne renommée.
Encore enfant, Moshe Barazani monte avec sa famille en Eretz Israël. Il grandit à Jérusalem, dans un monde marqué à la fois par la pauvreté, la présence britannique et l'espérance de la renaissance nationale juive. Très jeune, il doit interrompre ses études pour travailler et aider sa famille.
Cette jeunesse dans la Jérusalem mandataire forge son caractère. Barazani appartient à cette génération née dans l'exil ou au seuil du retour, mais élevée dans la conviction que le peuple juif devait retrouver sa souveraineté sur sa terre.
Engagement dans le Lehi
Moshe Barazani rejoint le Lehi, organisation clandestine engagée dans la lutte contre le pouvoir britannique en Eretz Israël. Dans les dernières années du Mandat, le Lehi mène une guerre politique et militaire contre les autorités britanniques, qu'il considère comme l'obstacle principal à l'indépendance juive.
Barazani entre dans la clandestinité sous le nom de guerre Ben-Zion. Il participe aux activités du mouvement dans Jérusalem, alors que la répression britannique contre les organisations combattantes juives s'intensifie.
Son engagement s'inscrit dans le climat de la fin des années 1940 : après la Shoah, alors que des rescapés juifs tentent de rejoindre la Terre d'Israël et que la puissance mandataire maintient ses restrictions contre l'immigration juive, les mouvements de résistance considèrent la lutte armée comme une nécessité historique.
Arrestation et condamnation

Le 9 mars 1947, Moshe Barazani est arrêté par les Britanniques dans le quartier de Makor Baruch, à Jérusalem, non loin du camp Schneller. Lors de la fouille, les soldats trouvent sur lui une grenade.
Barazani, membre du Lehi, est accusé de port d'armes et d'intention d'assassiner le brigadier A. P. Davis, responsable de l'application de la loi martiale britannique dans la ville.
Le 17 mars 1947, le jour même où la loi martiale est levée à Jérusalem, il comparaît devant un tribunal militaire britannique. Barazani refuse de reconnaître l'autorité du tribunal. Il ne se présente pas comme un accusé demandant la clémence, mais comme un combattant hébreu capturé dans une guerre de libération.
Il déclare :
Dans cette guerre, je suis tombé captif entre vos mains, et vous n'avez pas le droit de me juger. Vous ne nous intimiderez pas par les pendaisons et vous ne réussirez pas à nous détruire. Mon peuple, et tous les peuples que vous avez asservis, combattront votre empire jusqu'à la mort.
Le procès est expédié. Quatre-vingt-dix minutes après son ouverture, le juge lit la sentence : Moshe Barazani est condamné à mort par pendaison.
À l'annonce du verdict, Barazani se lève et chante la Hatikvah. Les policiers britanniques l'interrompent et l'entraînent hors de la salle. Il est enchaîné aux mains et aux pieds, puis conduit dans la cellule des condamnés.
Il y rejoint Dov Gruner et ses trois compagnons de l'Etzel — Mordehai Alkahi, Yehiel Dresner et Eliezer Kashani — dont les condamnations à mort ont déjà été confirmées par le commandement britannique en Palestine.
Dans la cellule des condamnés

Après sa condamnation, Moshe Barazani est détenu dans la prison centrale de Jérusalem, dans le complexe russe. Il y partage la cellule des condamnés avec Meir Feinstein, membre de l'Etzel, lui aussi condamné à mort par les Britanniques.
Tout semble séparer les deux jeunes hommes : Barazani vient du Lehi, Feinstein de l'Etzel ; Barazani est issu d'une famille juive orientale d'Irak, Feinstein d'un autre milieu juif de Jérusalem. Pourtant, dans la cellule des condamnés, leur destin se confond.
Leur amitié devient un symbole national. Face à la potence, les appartenances organisationnelles s'effacent. Il ne reste que deux combattants juifs, deux frères d'armes, deux fils d'Israël prêts à mourir pour la liberté de leur peuple.
Une grenade entre les cœurs
Dans la cellule des condamnés de la prison centrale de Jérusalem, Meir Feinstein et Moshe Barazani décident d'empêcher l'occupant britannique de les conduire vivants à la potence. Leur premier projet est d'utiliser deux grenades contre les bourreaux venus les chercher pour l'exécution.
L'idée n'est pas nouvelle. Elle avait déjà été envisagée lorsque Dov Gruner attendait son exécution dans la cellule des condamnés. Après le transfert de Gruner, Mordehai Alkahi, Yehiel Dresner et Eliezer Kashani à la Prison d'Acre, les explosifs restèrent dans la prison centrale de Jérusalem.
Feinstein et Barazani font parvenir un message à leurs camarades détenus dans les cellules voisines. Ils leur demandent de ne plus attendre et de leur envoyer ce qui avait été préparé. Leur décision est ferme : ils veulent rester maîtres de leur dernier instant.
Les prisonniers de l'Etzel et du Lehi savent ce que signifie cette demande. Chacun comprend que, s'il était à leur place, il demanderait la même chose. Les grenades sont alors préparées clandestinement. Des oranges sont évidées, remplies de gélignite et de petits morceaux de métal, puis refermées avec soin afin de paraître intactes.
Les gardiens fouillent la nourriture destinée aux condamnés, mais ils sont habitués à voir passer des fruits. Un panier contenant deux oranges préparées est transmis à la cellule. Feinstein et Barazani comprennent que leur dernière occasion d'agir est désormais entre leurs mains.
Ils répondent à leurs camarades par un court message : ils ont reçu ce qui leur était destiné, ils comprennent tout, et ils se réjouissent de pouvoir encore prendre part à la vengeance de leurs quatre camarades pendus à Acre. Ils ajoutent qu'ils restent forts.
Le lundi 21 avril 1947, environ une semaine après la pendaison de Dov Gruner, Mordehai Alkahi, Yehiel Dresner et Eliezer Kashani, un couvre-feu est imposé à Jérusalem. La rumeur se répand : Feinstein et Barazani vont être exécutés.
À 21 h 15, des officiers britanniques viennent chercher le rabbin Yaakov Goldman, aumônier de la prison, et le conduisent à la prison centrale. Ils ne donnent pas d'explication, mais le sens de cette convocation est clair : l'exécution approche.
Le rabbin Goldman entre dans la cellule des condamnés. Il tente de fortifier les deux combattants. Il récite avec eux le Vidouï. À la demande de Meir Feinstein, ils chantent ensuite Adon Olam. Puis Feinstein et Barazani chantent la Hatikvah.
Le rabbin promet de revenir pour être avec eux dans leur dernière heure. Les deux condamnés ne lui révèlent pas leur secret, mais l'exhortent à ne pas revenir. Devant son refus, ils décident de modifier leur plan. Ils ne veulent pas risquer de tuer le rabbin venu les accompagner.
Ils renoncent donc à utiliser les grenades contre les bourreaux au moment de la pendaison. Ils choisissent de mourir avant leur arrivée.
Peu après le départ du rabbin Goldman, deux explosions retentissent dans la cellule. Meir Feinstein et Moshe Barazani se tiennent enlacés. Les grenades sont placées entre eux, à hauteur du cœur. Meir allume une cigarette et enflamme les mèches que Moshe tient dans ses mains.
Ils meurent ensemble, en combattants d'Israël.
Sur instruction du grand rabbin Yitzhak Halevi Herzog, Meir Feinstein et Moshe Barazani sont enterrés au mont des Oliviers, dans la section des martyrs des émeutes de 1929 et de 1936-1938. Le rabbin Aryeh Levin, connu comme le rabbin des prisonniers, et Binyamin Feinstein, frère de Meir, prononcent des paroles d'hommage au bord de la tombe.
Leur dernière attitude bouleverse le Yichouv et impressionne bien au-delà d'Eretz Israël. Même Nathan Alterman, poète associé au camp travailliste et adversaire politique de l'Etzel et du Lehi, publie dans Davar, journal de la Histadrout, un poème en hommage à Feinstein et Barazani.
Une mémoire d'unité nationale

L'histoire de Moshe Barazani et de Meir Feinstein occupe une place particulière dans la mémoire du sionisme combattant. Elle réunit deux organisations, le Lehi et l'Etzel, qui avaient leurs différences politiques et stratégiques, mais qui partageaient le même refus de la domination étrangère en Eretz Israël.
Pour le Betar et pour la mémoire révisionniste, cet épisode possède une force singulière. Feinstein appartenait à l'Etzel, organisation issue du courant national fondé par Jabotinsky ; Barazani appartenait au Lehi, issu d'une autre branche du sionisme combattant. Leur mort commune rappelle que, dans les heures décisives de la lutte pour l'indépendance, l'honneur national dépassait les appartenances de mouvement.
Menahem Begin fut profondément marqué par leur sacrifice. Dans la mémoire israélienne, Barazani et Feinstein deviennent l'image même de la fraternité juive dans le combat : un Séfarade d'Irak et un combattant de l'Etzel, un membre du Lehi et un membre de l'Etzel, unis dans la même cellule et dans la même mort.
Héritage

Moshe Barazani est aujourd'hui honoré parmi les Olei HaGardom. Son nom est associé à ceux de Shlomo Ben-Yosef, Dov Gruner, Meir Feinstein, Avshalom Haviv, Yaakov Weiss, Meir Nakar et des autres combattants tombés ou exécutés dans la lutte pour la liberté d'Israël.
La cellule où Barazani et Feinstein furent détenus se trouve aujourd'hui dans l'ancien bâtiment de la prison centrale de Jérusalem, devenu le Musée des Prisonniers des mouvements clandestins. Ce lieu conserve la mémoire des combattants de l'Etzel, du Lehi et de la Haganah emprisonnés par les Britanniques.
Moshe Barazani demeure le symbole d'une jeunesse juive qui refusa l'humiliation, la passivité et l'exil politique. Son souvenir appartient à l'histoire du Lehi, mais aussi à la mémoire plus large du sionisme combattant, du Betar, de l'Etzel et de tous ceux qui virent dans les Olei HaGardom l'expression la plus haute du courage national.
Voir aussi
- Olei HaGardom
- Meir Feinstein
- Lehi
- Etzel
- Betar
- Menahem Begin
- Musée des Prisonniers des mouvements clandestins
Sources et repères
- Lehi, notice biographique de Moshe Barazani, « Barzani Moshe – “Ben-Zion” ».
- Site mémoriel Meir Feinstein, pages consacrées à Moshe Barazani et au récit de Moshe Barazani et Meir Feinstein.
- Etzel.org, notice sur Moshe Barazani.
- Institut Jabotinsky, dossiers d'archives sur les Olei HaGardom, Moshe Barazani et Meir Feinstein.
- Encyclopaedia Judaica, notice « Barazani, Moshe ».
- Musée des Prisonniers des mouvements clandestins, Jérusalem.
