| Naissance | 6 décembre 1912, Kisvárda |
|---|---|
| Décès | 16 avril 1947, prison d'Acre |
| Membre de | Etzel |
| Olei HaGardom | |
Dov Gruner (1912-1947) est l'un des héros des Olei HaGardom, les combattants juifs condamnés à mort dans la lutte pour la libération d'Eretz Israël. Membre du Betar, combattant de l'Etzel et ancien volontaire de l'armée britannique pendant la Seconde Guerre mondiale, il est pendu par les Britanniques à la prison d'Acre le 16 avril 1947.
Son nom occupe une place immense dans la mémoire du sionisme révisionniste. Par son refus de reconnaître l'autorité du tribunal militaire britannique, par sa dignité face à la condamnation et par sa dernière lettre à Menahem Begin, Dov Gruner devint l'une des figures les plus nobles de l'Etzel et du Betar.
Jeunesse en Hongrie

Dov Béla Gruner naît le 6 décembre 1912 à Kisvárda, en Hongrie, dans une famille juive traditionnelle. Il grandit dans l'Europe juive de l'entre-deux-guerres, marquée par la vie communautaire, l'attachement religieux et les inquiétudes croissantes liées à l'antisémitisme.
Il reçoit une éducation juive et nationale. Très jeune, il est attiré par le sionisme révisionniste, qui affirme la nécessité d'un État juif souverain sur les deux rives du Jourdain, d'une jeunesse disciplinée et d'une défense juive active.
Comme beaucoup de jeunes Juifs d'Europe orientale et centrale, il voit dans le sionisme non seulement une espérance politique, mais une réponse à la fragilité de la condition juive en diaspora. Le retour en Eretz Israël devient pour lui un devoir personnel.
Entrée au Betar

Dov Gruner rejoint le Betar, mouvement de jeunesse fondé dans l'esprit de Zeev Jabotinsky. Le Betar lui donne une formation idéologique, morale et nationale.
L'idéal bétari insiste sur la fierté juive, le courage, le sens du commandement, l'autodéfense et la fidélité au peuple d'Israël. Pour Gruner, cet engagement n'est pas théorique : il prépare une vie de service, d'action et de sacrifice.
Le Betar est alors un mouvement mondial. Ses membres d'Europe rêvent d'Eretz Israël, organisent l'alyah, se forment à la discipline collective et veulent participer directement à la renaissance nationale juive. Dov Gruner appartient pleinement à cette génération.
Alyah clandestine en Eretz Israël
En 1940, Dov Gruner arrive en Eretz Israël dans le cadre de l'alyah clandestine organisée par les milieux révisionnistes et bétaris. Les autorités britanniques limitent alors fortement l'immigration juive, y compris au moment où les Juifs d'Europe sont déjà menacés par la guerre et les persécutions.
Son arrivée illégale en Eretz Israël n'est pas seulement une migration personnelle. Elle est un acte politique. Pour les bétarim, le droit du peuple juif à revenir sur sa terre ne peut dépendre des quotas imposés par une puissance étrangère.
À son arrivée, Gruner rejoint naturellement l'Etzel, organisation clandestine issue du courant révisionniste. Pour lui, le passage du Betar à l'Etzel représente la continuité d'un même engagement : la jeunesse forme le caractère, l'organisation combattante mène la lutte.
Dans l'armée britannique

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Dov Gruner s'engage volontairement dans l'armée britannique afin de combattre l'Allemagne nazie. Comme d'autres membres de l'Etzel, il considère que la guerre contre le nazisme impose de participer à l'effort militaire contre Hitler.
Il sert pendant plusieurs années dans l'armée britannique. Cette expérience lui apporte une formation militaire solide, une discipline de soldat et une connaissance pratique de l'organisation militaire.
Mais son engagement contre le nazisme ne signifie pas une soumission politique à l'Empire britannique. À ses yeux, la Grande-Bretagne reste responsable de la fermeture d'Eretz Israël aux Juifs persécutés et de la répression contre les combattants juifs. Après la guerre, il reprend donc pleinement sa place dans l'Etzel.
Retour à la lutte de l'Etzel
Après sa démobilisation, Dov Gruner retrouve l'Etzel, alors engagé dans la révolte contre le pouvoir britannique. Sous le commandement de Menahem Begin, l'organisation mène des actions contre les infrastructures, les symboles et les forces du Mandat.
Le contexte est tragique. La Shoah vient de détruire une grande partie du peuple juif d'Europe. Des survivants tentent de rejoindre Eretz Israël, mais les portes du pays restent largement fermées par la politique britannique. Pour l'Etzel, cette situation rend la lutte contre le Mandat moralement et historiquement nécessaire.
Dov Gruner n'est pas un jeune homme emporté par l'improvisation. Il est un ancien bétari, un soldat formé, un militant discipliné. Son engagement dans l'Etzel exprime une fidélité profonde à l'idéal de Jabotinsky : rendre au peuple juif sa force, son honneur et sa souveraineté.
L'attaque de la police de Ramat Gan
Le 23 avril 1946, l'Etzel attaque le poste de police de Ramat Gan. L'objectif est de s'emparer d'armes détenues par les forces britanniques. L'opération s'inscrit dans la stratégie de l'Etzel : affaiblir le pouvoir mandataire, équiper la clandestinité juive et montrer que la domination britannique peut être combattue.
L'opération repose sur une ruse. Un véhicule militaire approche du poste de police et fait descendre une douzaine de faux « prisonniers arabes », escortés par de faux « soldats britanniques ». Le sergent britannique chargé du convoi explique au sergent de garde que ces hommes ont été arrêtés pour vol au camp militaire de Tel Litvinsky, l'actuel Tel Hashomer, et qu'ils doivent être détenus.
Au moment où le sergent de garde hésite sur la conduite à tenir, les « prisonniers » et leurs escortes sortent leurs revolvers, désarment les policiers et prennent le contrôle du poste. L'unité se dirige ensuite vers l'armurerie et en fait sauter la porte.
Dov Gruner commande alors l'équipe des porteurs. Son rôle est d'entrer dans le bâtiment, d'extraire les armes de l'armurerie et de les charger dans un camion prêt à partir. Un policier situé à l'étage aperçoit l'opération et ouvre le feu à la mitrailleuse. Il tue le tireur Bren de l'Etzel, Yisrael Feinerman, placé sur le balcon d'un bâtiment opposé pour couvrir les porteurs, puis dirige son tir vers les hommes qui chargent les armes.
Malgré les balles, les porteurs poursuivent leur tâche. Une fois le chargement terminé, le camion quitte les lieux en direction d'une orangeraie près de Ramat Gan.
Après le retrait, le commandant de l'opération, Eliezer Pedatzur, surnommé Gad, compte ses hommes et constate que trois manquent à l'appel : Yisrael Feinerman, tué pendant qu'il couvrait l'opération ; Yaakov Zlotnik, mortellement blessé alors qu'il courait vers le camion, dont le corps est retrouvé accroché aux barbelés ; et Dov Gruner.
Gruner a été grièvement blessé à la mâchoire. Tombé dans la tranchée près de la clôture, il est capturé par les Britanniques. Ceux-ci le conduisent à l'hôpital Hadassah de Tel Aviv, où il est opéré par le professeur Marcus. Il y reste douze jours sous garde armée permanente, avant d'être transféré à l'hôpital gouvernemental de Jaffa, puis à la division médicale de la prison centrale de Jérusalem.
Pour les Britanniques, Gruner est un prisonnier à juger et à punir. Pour l'Etzel, il est un soldat capturé au combat. Cette différence de regard deviendra centrale dans son procès.
Procès devant le tribunal britannique
Le 1er janvier 1947, sept mois après son arrestation, le procès de Dov Gruner s'ouvre devant le tribunal militaire britannique de Jérusalem. Il est accusé d'avoir tiré sur des policiers et d'avoir posé des charges explosives avec l'intention de tuer des personnels au service de Sa Majesté.
Lorsqu'on lui demande s'il reconnaît sa culpabilité, Gruner répond qu'il ne reconnaît pas l'autorité du tribunal. Il refuse de participer réellement à la procédure et ne souhaite même pas que celle-ci soit traduite en hébreu pour son bénéfice. À ses yeux, la cour elle-même n'a aucune base légale, car elle procède d'un régime britannique qui a trahi le mandat confié à la Grande-Bretagne.
Il lit alors une déclaration politique et morale. Il rappelle que la présence britannique en Eretz Israël n'avait de fondement que dans l'engagement pris devant les nations de réparer l'injustice historique faite au peuple juif. Selon lui, cet engagement a été abandonné : le pays est devenu une base militaire britannique, tandis que l'immigration juive est entravée et que les combattants juifs sont jugés par la force occupante.

Lire la traduction de l’affiche
- Avertissement
- Les représentants du régime de potence, qui ont condamné notre frère Dov Gruner à mort, se préparent à exécuter leur sentence ce soir.
- Des officiers de l'armée d'occupation britannique, qui se prétendent juges, ont prononcé une condamnation à mort contre Dov Gruner, foulant aux pieds la loi du Mandat, qui garantit un procès civil.
- L'envoi de Dov Gruner à la potence est un assassinat prémédité.
- Nous avertissons le régime britannique de sang de ne pas commettre ce crime.
- L'Organisation militaire nationale en Eretz Israël.
- Année 5707.
- Traduction : Betar de France 2026.
Lire la déclaration de Dov Gruner au tribunal
- En janvier 1947, Dov Gruner fut conduit devant le tribunal militaire.
- Dans une déclaration cinglante, mais raisonnée et digne, il expliqua aux officiers de la Cour pourquoi il refusait de reconnaître leur droit de le juger.
- La Grande-Bretagne, déclara-t-il, avait abandonné l'obligation qui seule l'autorisait à se trouver en Eretz Israël. Au lieu de cela, elle avait décidé de transformer le pays en l'une de ses bases militaires et de le voler au peuple juif. Il s'écria :
- « Il ne reste donc plus rien de la base légale de votre domination, qui ne repose désormais que sur un seul principe : la force brutale. La baïonnette et un régime de terreur déguisé en soi-disant “lois”. Ces lois sont rédigées par ceux qui portent les baïonnettes ; ils les promulguent et les appliquent en contradiction avec les droits fondamentaux de l'homme, contre la volonté de la population locale et contre le droit international.
- « Voilà pourquoi je ne peux pas reconnaître votre compétence pour me juger. Car, comme le disaient les anciens Romains : nul ne peut transférer à autrui plus de droit qu'il n'en possède lui-même. Et si tout votre régime est un régime d'occupation illégale, comment pourrait-il vous conférer le pouvoir de me juger, moi ou tout autre citoyen de ce pays occupé ?
- « Lorsqu'un régime, dans n'importe quel pays, devient un régime d'oppression, il cesse d'être légitime. C'est le droit de ses citoyens — plus encore, c'est leur devoir — de le combattre et de le renverser. C'est ce que fait la jeunesse juive, et c'est ce qu'elle continuera de faire jusqu'à ce que vous évacuiez ce pays et le rendiez à ses propriétaires légitimes : le peuple d'Israël. Car vous devez savoir ceci : aucune force au monde ne peut rompre le lien entre le peuple d'Israël et son unique pays. Celui qui tentera de le faire — sa main sera tranchée, et la malédiction de Dieu reposera sur lui pour toujours et à jamais. »
- Et lorsque les trois officiers britanniques remirent leurs casquettes et que l'un d'eux annonça à Dov Gruner qu'il serait pendu par le cou jusqu'à ce que mort s'ensuive, Dov répondit en chantant la Hatikvah.
- Une fois encore, nous avertîmes les autorités britanniques, cette fois en ces termes :
- « L'exécution de prisonniers de guerre est un meurtre prémédité. Nous avertissons le régime britannique de sang contre la commission de ce crime. »
- La Révolte (Menahem Begin), traduction : Betar de France 2026.
Après cette déclaration, un silence se fait dans la salle. Le procureur prononce son réquisitoire et appelle les témoins. Fait inhabituel, il mentionne lui-même plusieurs éléments favorables à l'accusé : ses cinq années de service dans l'armée britannique, sa bonne conduite pendant ce service, sa participation aux combats sur le front italien et la gravité de la blessure subie à Ramat Gan, qui l'a laissé invalide.
Ces éléments n'infléchissent pas la décision des juges. Après une brève consultation, le président du tribunal annonce que Gruner est reconnu coupable sur deux chefs d'accusation. Pour le premier, il est condamné à être pendu par le cou jusqu'à ce que mort s'ensuive. La cour se réserve le droit de fixer ensuite la peine relative au second chef.
À l'annonce de la sentence, Dov Gruner se lève et déclare : « Dans le feu et le sang Juda est tombé, dans le feu et le sang Juda se relèvera ». Cette formule, tirée d'un poème de Yaakov Cohen écrit après les pogroms de Kichinev de 1903, était devenue l'un des mots d'ordre de l'organisation Hashomer.
Dov Gruner est conduit dans la cellule des condamnés à mort sous forte garde et revêtu des vêtements écarlates des condamnés. Il passe 105 jours dans cette cellule, entre espoir et désespoir, tandis que des responsables publics, des personnalités juives et des proches interviennent en Palestine et à l'étranger pour tenter d'obtenir la commutation de sa peine.
De fortes pressions sont également exercées sur lui pour qu'il demande sa grâce. Il refuse. Il exige d'être traité comme un prisonnier de guerre et ne veut pas signer de demande de clémence. Sa position est celle des autres Olei HaGardom : ne pas reconnaître la légitimité de l'occupant, ne pas mendier la vie comme un criminel, rester soldat jusqu'au bout.
Dov Gruner est condamné à mort par pendaison.
Les tentatives pour le sauver
La condamnation de Dov Gruner provoque une mobilisation importante. Des personnalités juives, des proches et des militants tentent d'obtenir sa grâce ou une commutation de peine.
L'Etzel mène aussi des actions destinées à empêcher son exécution. La question de Dov Gruner devient un enjeu majeur dans la confrontation entre l'organisation clandestine et le pouvoir britannique.
Mais Gruner refuse que sa vie soit sauvée au prix d'une reconnaissance de culpabilité ou d'une humiliation politique. Il ne veut pas demander grâce. Son attitude rappelle celle des autres Olei HaGardom : la potence devient une tribune, non une défaite.
La dernière lettre à Menahem Begin

Quarante-huit heures avant l'heure fixée pour son exécution, Dov Gruner écrit depuis sa cellule une lettre à Menahem Begin, commandant de l'Etzel. Cette lettre est devenue l'un des textes les plus célèbres de la mémoire révisionniste.
Gruner y remercie Begin pour l'encouragement reçu pendant ses derniers jours. Il affirme qu'il n'oubliera pas l'enseignement dans lequel il a été formé : être « fier, généreux et fort », selon les mots du chant du Betar écrit par Zeev Jabotinsky. Il se présente comme un soldat hébreu combattant, soucieux de défendre son honneur jusqu'au bout.
La lettre exprime aussi son refus des deux voies qu'il juge mortelles pour le peuple juif : l'assimilation, qui conduit à l'effacement national, et un sionisme réduit à la négociation, qui reporte les difficultés au prix de compromis conduisant au ghetto. À l'inverse, Gruner revendique la voie de l'Irgoun : ne pas renoncer à un seul mètre du pays, soutenir l'effort politique lorsqu'il sert le but national, mais être prêt au combat lorsque la liberté l'exige.
Lire la lettre de Dov Gruner à Menahem Begin
- Monsieur,
- « Je vous remercie du fond du cœur pour le grand encouragement que vous m'avez donné en ces jours décisifs. Vous pouvez être assuré que, quoi qu'il arrive, je n'oublierai pas les enseignements dont j'ai été nourri, ces enseignements qui commandent d'être “fier, généreux et fort”, et je saurai défendre mon honneur, l'honneur d'un soldat hébreu combattant.
- « Je pourrais employer des formules sonores, comme la célèbre maxime latine “Dulce et decorum est pro patria mori”. Mais en cet instant, il me semble que de telles phrases sonnent creux ; les cyniques pourraient aussi ajouter : “Vous n'avez pas le choix.” Et ils auraient peut-être raison.
- « Bien sûr, je veux vivre. Qui ne le voudrait pas ? Mais si je regrette de devoir bientôt “finir”, c'est surtout parce que je n'ai pas réussi à faire assez. Moi aussi, j'aurais pu “laisser l'avenir se débrouiller seul”, accepter le poste qu'on m'avait promis, ou quitter complètement le pays et vivre en sécurité en Amérique. Mais cela ne m'aurait pas donné satisfaction, ni comme Juif, ni certainement comme sioniste.
- « Nombreuses sont les théories prêchées par des Juifs. La première est celle des assimilationnistes, qui consiste à abandonner leur nationalité et, peu à peu, leur religion également — ce qui signifie le suicide inévitable du peuple juif. La seconde est celle des soi-disant sionistes : la voie de la confiance dans la négociation, comme si les affaires d'un peuple n'étaient pas différentes d'une transaction commerciale. Ceux qui acceptent une telle théorie ne sont pas prêts à faire des sacrifices ; ils sont toujours disposés à conclure des compromis qui peuvent retarder les difficultés immédiates, mais qui conduisent finalement au ghetto. Et n'oublions pas que, même dans le ghetto de Varsovie, il y avait trois cent mille Juifs.
- « La voie juste, à mes yeux, est celle de l'Irgoun, qui ne rejette pas l'effort politique, mais qui ne renoncera pas à un seul mètre de notre pays, parce qu'il est à nous. Et si l'effort politique n'obtient pas le résultat voulu, il est prêt à combattre pour notre pays et pour notre liberté — qui seule garantit l'existence de notre peuple — par tous les moyens et de toutes les manières. Telle devrait être la voie du peuple juif en ces jours : se tenir debout pour ce qui nous appartient et être prêt au combat, même si, dans certains cas, cela mène à la potence. Car le monde sait qu'une terre se rachète par le sang.
- « J'écris ces lignes quarante-huit heures avant l'heure fixée par nos oppresseurs pour accomplir leur meurtre, et dans de tels moments on ne ment pas. Je jure que si j'avais le choix de tout recommencer, je choisirais la même voie, quelles qu'en soient les conséquences possibles pour moi.
- Votre fidèle soldat,
- Dov. »
- La Révolte (Menahem Begin), traduction : Betar de France 2026.
Ces mots donnent la mesure de son caractère. Gruner ne se présente pas comme une victime malheureuse. Il se considère comme un soldat fidèle, conscient du prix de son engagement et fier d'avoir servi la cause de la liberté juive.
Pour Begin et pour les militants de l'Etzel, cette lettre devient un testament moral. Elle exprime l'idéal du combattant révisionniste : lucidité, fidélité, courage, refus de la peur et refus de la soumission.
L'exécution à Acre

Le 16 avril 1947, Dov Gruner est pendu dans la prison d'Acre avec trois autres combattants de l'Etzel : Mordechai Alkahi, Yehiel Dresner et Eliezer Kashani.
Les Britanniques procèdent à l'exécution dans le secret, craignant les réactions du Yichouv et les opérations de l'Etzel. Les quatre hommes montent à la potence en chantant la Hatikvah.
Dov Gruner a trente-quatre ans. Sa mort frappe profondément le mouvement révisionniste. Elle s'ajoute à celle de Shlomo Ben-Yosef et annonce les autres exécutions de 1947. La prison d'Acre devient alors l'un des lieux les plus douloureux et les plus glorieux de la mémoire des Olei HaGardom.
Une figure centrale des Olei HaGardom
Dov Gruner occupe une place particulière parmi les Olei HaGardom. Il n'est pas seulement un jeune combattant exécuté. Il est un ancien membre du Betar, un volontaire de l'armée britannique contre le nazisme, puis un soldat de l'Etzel condamné par la puissance même qu'il avait servie dans la guerre mondiale.
Cette trajectoire donne à son destin une force morale exceptionnelle. Gruner avait combattu Hitler sous l'uniforme britannique. Pourtant, lorsque la guerre fut terminée, la Grande-Bretagne continua d'empêcher les Juifs rescapés de rejoindre leur patrie et de réprimer les combattants juifs. Aux yeux de Gruner et de l'Etzel, cette contradiction rendait la révolte inévitable.
Son procès, sa lettre à Begin et sa mort à Acre firent de lui un symbole majeur de la dignité nationale juive. Il incarne l'homme qui accepte la mort, mais refuse l'abaissement.
Mémoire et héritage
Dov Gruner est enterré au cimetière juif ancien de Safed. Son nom est honoré parmi les Olei HaGardom, aux côtés de Shlomo Ben-Yosef, Meir Feinstein, Moshe Barazani, Avshalom Haviv, Yaakov Weiss, Meir Nakar, Mordechai Alkahi, Yehiel Dresner et Eliezer Kashani.
Des rues, des mémoriaux et des cérémonies rappellent son nom en Israël. Sa mémoire est particulièrement forte dans les milieux du Betar, de l'Etzel et du sionisme révisionniste.
Les tefillin de Dov Gruner, conservés dans les archives du Centre Begin, ont été identifiés des décennies plus tard. Cet objet personnel rappelle que derrière le combattant et le condamné se trouvait aussi un homme de foi, de discipline et de fidélité juive.
Pour le Betar, Dov Gruner demeure un modèle de hadar, cette noblesse de caractère enseignée par Jabotinsky : servir sans se plaindre, combattre sans haine inutile, mourir sans se soumettre. Sa vie et sa mort disent l'essentiel de l'idéal révisionniste : un peuple ne retrouve sa liberté que lorsqu'il refuse de vivre à genoux.
Voir aussi
- Olei HaGardom
- Etzel
- Betar
- Menahem Begin
- Zeev Jabotinsky
- Shlomo Ben-Yosef
- Mordechai Alkahi
- Yehiel Dresner
- Eliezer Kashani
- Prison d'Acre
Sources et repères
- Etzel.org, notice biographique de Dov Gruner.
- Institut Jabotinsky, dossier « Olei Hagardom, Dov Gruner ».
- Institut Jabotinsky, articles et réactions à l'emprisonnement et à l'exécution de Dov Gruner.
- Bibliothèque nationale d'Israël, notice Dov Gruner.
- Jewish Virtual Library, notice « Dov Gruner ».
- JNS, « Executed Irgun fighter's tefillin found after 75 years ».
- Encyclopaedia Judaica, notice « Gruner, Dov ».
