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| Naissance | 18 juin 1926, Haïfa |
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| Décès | 29 juillet 1947, prison d’Acre |
| Membre de | Etzel |
| Nom de guerre | Efraim |
| Olei HaGardom | |
Avshalom Haviv (1926-1947) est l’un des Olei HaGardom, les combattants juifs condamnés à mort dans la lutte pour la libération d’Eretz Israël. Membre de l’Etzel, il est arrêté après l’opération d’évasion de la prison d’Acre, condamné par un tribunal militaire britannique et pendu à Acre le 29 juillet 1947 avec Meir Nakar et Yaakov Weiss.
Son nom appartient à la dernière génération des pendus du Mandat britannique. Jeune homme cultivé, formé à Jérusalem, passé par le Palmach puis revenu à l’Etzel, Avshalom Haviv incarne une jeunesse juive décidée à transformer l’espérance nationale en action. Sa mort, survenue quelques mois avant la fin du Mandat, marqua profondément la mémoire de l’Etzel, du Betar et du sionisme combattant.
Jeunesse à Haïfa et Jérusalem

Avshalom Haviv naît le 18 juin 1926 à Haïfa, en Eretz Israël, alors sous Mandat britannique. Son père, Eliezer Haviv, est marchand de cuir ; sa mère se nomme Rivka. La famille s’installe ensuite à Jérusalem, où Avshalom grandit dans le quartier de Straus Street.
Il étudie à l’école Tachkemoni, puis poursuit ses études secondaires à Beit HaKerem. Très jeune, il se distingue par son intelligence, sa curiosité intellectuelle et son intérêt pour les questions nationales. Ses devoirs scolaires témoignent déjà d’un fort attachement à l’hébreu, à l’alyah et à l’idée d’une souveraineté juive sur la terre d’Israël.
Avshalom appartient à une génération née dans le pays mais élevée dans une réalité paradoxale : la renaissance nationale juive se construit sous l’autorité d’une puissance étrangère. Cette tension marque profondément son engagement.
Premiers engagements dans l’Etzel

À quinze ans, Avshalom Haviv rejoint l’Etzel. Il y reçoit le nom clandestin Efraim. Il commence son activité dans le service de propagande de l’organisation, chargé de diffuser les idées, les communiqués et les mots d’ordre de la clandestinité.
L’Etzel, héritier du courant national révisionniste de Zeev Jabotinsky, refuse l’idée que le peuple juif doive attendre passivement l’autorisation britannique pour reconstruire sa souveraineté. Ses militants considèrent que la liberté nationale ne se réclame pas seulement par des pétitions, mais se conquiert par l’action.
Pour Avshalom, l’entrée dans l’Etzel est une première étape décisive. Elle donne une forme organisée à ses convictions de jeunesse : amour de l’hébreu, volonté de souveraineté, refus de l’humiliation nationale et attachement à une Eretz Israël libre.
Passage au Palmach
Après ses études secondaires, Avshalom Haviv sert pendant une année dans le Palmach, la force d’élite de la Haganah. Ce service répond à une règle imposée à de nombreux jeunes diplômés souhaitant poursuivre des études supérieures : accomplir une année de travail dans un kibboutz ou de service dans le Palmach avant l’entrée à l’université.
Il reçoit une formation militaire à Ein Harod. Le 10 octobre 1945, il participe à l’opération du Palmach contre le camp de détention d’Atlit, où les Britanniques retiennent des rescapés juifs d’Europe considérés comme immigrants illégaux. L’opération permet la libération de plus de deux cents détenus.
Parmi les libérés d’Atlit se trouve Yaakov Weiss, rescapé d’Europe, qui rejoindra plus tard l’Etzel et sera pendu avec Haviv à Acre. Ce croisement de destins donne à l’épisode une force particulière dans la mémoire des Olei HaGardom.
Retour à Jérusalem et à l’Etzel
Après son service au Palmach, Avshalom Haviv retourne à Jérusalem. Il s’inscrit à l’Université hébraïque, où il étudie la littérature hébraïque, la philosophie et l’économie.
Mais l’université ne l’éloigne pas de la lutte clandestine. Au contraire, il reprend son activité dans l’Etzel, cette fois dans la force combattante de l’organisation. Progressivement, les opérations prennent le dessus sur les études.
Avshalom Haviv participe à plusieurs actions contre les institutions et les forces du pouvoir britannique. Il sert souvent comme mitrailleur, notamment lors d’attaques contre le CID britannique à Jérusalem, contre des bureaux fiscaux gouvernementaux et lors d’opérations de minage contre les transports de sécurité britanniques.
Combattant de Jérusalem

Le 19 janvier 1946, Avshalom Haviv participe à une attaque contre la prison centrale de Jérusalem, située dans le complexe russe. L’objectif est de libérer des prisonniers juifs des organisations clandestines. L’opération échoue et coûte la vie à plusieurs combattants.
Le 1er mars 1947, il prend part à l’attaque contre le club des officiers britanniques installé dans la Goldschmidt House, dans le complexe russe de Jérusalem. L’opération vise un lieu symbolique de la présence militaire britannique.
Avshalom, de tradition religieuse, quitte la synagogue pendant la prière du Shabbat pour participer à l’action. Il fournit un feu de couverture avec une mitrailleuse Bren pendant que les sapeurs de l’Etzel placent les charges explosives. L’opération détruit le bâtiment.
Ces actions montrent sa progression dans la clandestinité : de la propagande à la lutte armée, du militantisme de jeunesse à la responsabilité combattante.
L’évasion de la prison d’Acre

Le 4 mai 1947, l’Etzel mène l’une de ses opérations les plus audacieuses : l’attaque de la prison d’Acre. Cette prison, forteresse britannique réputée imprenable, retient de nombreux prisonniers juifs des organisations clandestines.
L’objectif de l’opération est de faire évader les détenus de l’Etzel et du Lehi. Une équipe extérieure attaque le bâtiment, fait exploser une brèche et permet à plusieurs prisonniers de s’échapper.
Avshalom Haviv participe à l’opération dans une unité de blocage chargée de retarder l’arrivée des renforts britanniques. Avec d’autres combattants, il doit couvrir le retrait des évadés et des assaillants.
L’opération est un succès spectaculaire sur le plan symbolique, mais elle coûte cher. Plusieurs combattants sont tués ou capturés. Avshalom Haviv, Meir Nakar et Yaakov Weiss sont arrêtés par les Britanniques.
Arrestation et détention
Après l’évasion d’Acre, Avshalom Haviv est capturé avec Meir Nakar et Yaakov Weiss. Les trois hommes sont accusés d’avoir participé à l’attaque de la prison et d’avoir porté les armes contre les forces britanniques.
Pour les Britanniques, il s’agit de frapper durement l’Etzel après l’humiliation de l’évasion. Pour l’organisation clandestine, les trois capturés sont des soldats arrêtés au combat lors d’une opération de guerre.
Dès leur détention, les trois hommes adoptent une attitude de défi. Ils ne se préparent pas à demander la clémence, mais à faire de leur procès une tribune contre le pouvoir mandataire.
Procès devant le tribunal militaire

Le procès d’Avshalom Haviv, Meir Nakar et Yaakov Weiss commence le 28 mai 1947. Les trois accusés refusent de reconnaître la légitimité du tribunal militaire britannique.
Dès l’ouverture, ils chantent la Hatikvah. Les juges se lèvent par réflexe, avant d’être rappelés à l’ordre. Tout au long du procès, les accusés perturbent la procédure, refusent de répondre normalement aux questions et cherchent à retourner le tribunal contre l’autorité mandataire.
Avshalom Haviv tente de lire une déclaration politique, mais le président du tribunal l’en empêche. Il insiste, affirmant que le procès n’est pas seulement une affaire judiciaire mais une affaire nationale.
Les trois hommes affirment qu’ils ne reconnaissent pas le droit de la Grande-Bretagne à juger les combattants juifs en Eretz Israël. Leur conduite s’inscrit dans la tradition des Olei HaGardom : ne pas se défendre comme des criminels, mais parler comme des soldats d’une guerre de libération.
Condamnation à mort
Le 16 juin 1947, Avshalom Haviv, Meir Nakar et Yaakov Weiss sont condamnés à mort. Ils sont reconnus coupables d’avoir tiré sur les forces britanniques et d’avoir détenu des explosifs et des armes.
En entendant le verdict, les trois condamnés chantent de nouveau la Hatikvah. Leur attitude impressionne les journalistes présents et renforce leur image de combattants décidés à ne pas se soumettre.
Des démarches sont entreprises pour obtenir une commutation de peine. Des membres de leurs familles, des avocats, des personnalités publiques et des représentants juifs tentent d’intervenir. L’affaire est également portée devant des membres de la commission spéciale des Nations unies sur la Palestine, alors présente dans le pays.
Mais les autorités britanniques maintiennent la sentence.
Dans le couloir de la mort
Après leur condamnation, Avshalom Haviv, Meir Nakar et Yaakov Weiss sont enfermés dans le couloir de la mort de la prison d’Acre. Ils savent que leur exécution peut intervenir à tout moment.
Avshalom écrit à sa famille et à sa fiancée Gila. Ses lettres, plus tard réunies dans un ouvrage intitulé Four Steps to the Gallows, témoignent d’un jeune homme à la fois sensible, cultivé et décidé. Il ne dissimule pas la gravité de son sort, mais cherche à donner à sa mort un sens national.
Dans la prison, les condamnés restent en contact avec les autres détenus juifs. Leur cellule devient un lieu de prière, de chants, de déclarations et d’attente. La potence est proche, mais l’esprit de résistance demeure intact.
La pendaison du 29 juillet 1947
Le 29 juillet 1947, à l’aube, Avshalom Haviv est conduit à la potence dans la prison d’Acre. Il chante la Hatikvah jusqu’à ses derniers instants.
Il est pendu à 4 h 03. Meir Nakar et Yaakov Weiss sont exécutés après lui. Tous trois meurent en chantant l’hymne de l’espérance nationale juive.
Avshalom Haviv a vingt et un ans. Avec Meir Nakar et Yaakov Weiss, il devient l’un des trois derniers combattants juifs pendus par les Britanniques pendant le Mandat.
Leur exécution provoque une immense émotion dans le Yichouv. Elle survient peu après l’affaire de l’Exodus, dans un climat de tension extrême entre la population juive, les organisations clandestines et le pouvoir britannique.
Les derniers pendus d’Acre

La mort d’Avshalom Haviv, de Meir Nakar et de Yaakov Weiss marque un tournant. L’Etzel avait averti les Britanniques que l’exécution des trois condamnés entraînerait une riposte contre deux sergents britanniques capturés auparavant.
Après la pendaison des trois combattants, l’Etzel exécute les deux sergents. L’affaire provoque un choc considérable en Grande-Bretagne et accentue la crise du Mandat. Les pendaisons de combattants juifs cessent ensuite.
Avshalom Haviv appartient donc à la dernière génération des Olei HaGardom du Mandat britannique. Sa mort annonce, quelques mois avant la décision de partage de l’ONU, la fin prochaine de la domination britannique en Eretz Israël.
Enterrement à Safed
Le 30 juillet 1947, les corps d’Avshalom Haviv, Meir Nakar et Yaakov Weiss sont transportés à Safed sous escorte militaire britannique. Ils sont enterrés dans le cimetière juif ancien de la ville, où reposent déjà d’autres pendus de l’Etzel.
Les autorités britanniques cherchent à contrôler strictement les obsèques. Mais la population juive de Safed et les proches des condamnés transforment malgré tout l’enterrement en acte de mémoire.
Les tombes des Olei HaGardom à Safed deviennent l’un des grands lieux du souvenir de l’Etzel et du sionisme révisionniste.
Mémoire et héritage

Avshalom Haviv est honoré parmi les Olei HaGardom, aux côtés de Shlomo Ben-Yosef, Dov Gruner, Mordehai Alkahi, Yehiel Dresner, Eliezer Kashani, Meir Nakar, Yaakov Weiss, Meir Feinstein et Moshe Barazani.
Des rues portent son nom en Israël. Des timbres et des publications mémorielles ont également contribué à transmettre son souvenir. Ses lettres à sa famille et à Gila ont gardé une place particulière dans la mémoire de l’Etzel.
Pour le Betar, l’Etzel et le courant national juif, Avshalom Haviv incarne la jeunesse hébraïque cultivée et combattante : un étudiant, un homme de lettres, un soldat clandestin, un jeune Juif capable de mourir sans renoncer à son peuple.
Son destin rappelle que la lutte pour l’indépendance d’Israël fut portée par des hommes très jeunes, souvent à peine sortis de l’adolescence, qui acceptèrent de sacrifier leur avenir personnel pour l’avenir national. Avshalom Haviv demeure l’un de ces visages : celui d’une génération qui monta à la potence en chantant l’espérance.
Voir aussi
Sources et repères
- Etzel.org, notice biographique d’Avshalom Haviv.
- Institut Jabotinsky, portrait d’Avshalom Haviv.
- Institut Jabotinsky, dossier « Olei Hagardom, Avshalom Haviv ».
- Institut Jabotinsky, correspondance avec les autorités britanniques et l’UNSCOP au sujet d’Avshalom Haviv, Meir Nakar et Yaakov Weiss.
- Bibliothèque nationale d’Israël, notice Avshalom Haviv.
- Arie Eshel, Four Steps to the Gallows, recueil des lettres d’Avshalom Haviv.
- Encyclopaedia Judaica, notice « Haviv, Avshalom ».