Portraits
Olei HaGardom et héros du sionisme combattant
L’expression Olei HaGardom, littéralement « ceux qui sont montés à la potence », désigne les combattants juifs condamnés à mort et exécutés, ou morts avant leur exécution, dans le contexte de la lutte contre les puissances étrangères qui dominaient Eretz Israël avant la création de l’État d’Israël.
Dans la mémoire du Betar, de l’Etzel et du Lehi, ces hommes occupent une place particulière. Ils incarnent une génération pour laquelle la libération nationale juive ne relevait pas seulement d’une idée politique, mais d’un engagement personnel total, souvent assumé jusqu’à la mort.
Leur histoire s’inscrit principalement dans le contexte du Mandat britannique, marqué par les restrictions à l’immigration juive, la répression des organisations clandestines et l’affrontement entre plusieurs visions de la stratégie sioniste. Pour le courant du sionisme révisionniste, inspiré par Ze'ev Jabotinsky, l’autodéfense juive et la capacité d’action militaire constituaient des conditions nécessaires à la souveraineté.
Définition et mémoire des Olei HaGardom
Les Olei HaGardom sont associés à la mémoire des combattants de l’Etzel et du Lehi exécutés par les autorités britanniques ou égyptiennes, ainsi qu’à quelques figures antérieures ou connexes rattachées à la même tradition mémorielle.
Le terme ne désigne pas simplement des personnes mortes au combat. Il renvoie à une situation précise : celle de combattants arrêtés, jugés par des tribunaux mandataires ou étrangers, condamnés à mort, puis pendus ou morts avant leur exécution.
Dans la mémoire nationale israélienne, ils deviennent des symboles du refus de la soumission politique. Dans la mémoire du sionisme révisionniste, ils incarnent aussi la fidélité à une idée centrale : un peuple sans capacité de défense ne peut pas redevenir pleinement libre.
Le contexte du Mandat britannique
Après la Première Guerre mondiale, la Palestine passe sous administration britannique. La Déclaration Balfour de 1917 avait reconnu le principe d’un foyer national juif, mais la politique britannique évolue progressivement vers des restrictions de plus en plus fortes à l’immigration juive, en particulier avec le Livre blanc de 1939.
L’Etzel, organisation militaire issue du courant révisionniste, et le Lehi, né d’une scission plus radicale, mènent des actions clandestines contre les autorités britanniques.
Chronologie synthétique
- 1938 — Exécution de Shlomo Ben-Yosef à Acre.
- 16 avril 1947 — Exécution de Dov Gruner, Yehiel Dresner, Mordechai Alkahi et Eliezer Kashani.
- 21 avril 1947 — Mort de Meir Feinstein et Moshe Barazani à Jérusalem.
- 29 juillet 1947 — Exécution d’Avshalom Haviv, Meir Nakar et Yaakov Weiss.
Héritage dans la mémoire du Betar
Dans la mémoire du Betar, les Olei HaGardom ne sont pas seulement des martyrs. Ils représentent une pédagogie de l’engagement : servir le peuple juif, assumer une discipline militante, refuser l’humiliation et transmettre une mémoire de courage.
1913-1938
