Eliezer Kashani

histoire sionisme combattant
Eliezer Kashani (1923-1947), né à Petah Tikva dans une famille juive originaire de Perse, fut un jeune combattant de l’Etzel et l’un des Olei HaGardom. Arrêté après une opération de représailles contre des soldats britanniques, il refusa de reconnaître l’autorité du tribunal militaire. Condamné à mort avec Mordehai Alkahi et Yehiel Dresner, il fut pendu à Acre le 16 avril 1947, devenant une figure de courage et de fidélité nationale.
Eliezer Kashani
Portrait d’Eliezer Kashani
Naissance13 mars 1923, Petah Tikva
Décès16 avril 1947, prison d’Acre
Membre deEtzel
Olei HaGardom

Eliezer Kashani (1923-1947) est l’un des Olei HaGardom, les combattants juifs condamnés à mort dans la lutte pour la libération d’Eretz Israël. Membre de l’Etzel, il est arrêté après une opération de représailles contre des soldats britanniques, condamné par un tribunal militaire britannique et pendu à la prison d’Acre le 16 avril 1947.

Son nom demeure lié à ceux de Dov Gruner, Mordehai Alkahi et Yehiel Dresner, exécutés le même matin dans la prison d’Acre. Par son refus de reconnaître l’autorité du tribunal britannique et par sa dignité devant la potence, il appartient à la grande mémoire du sionisme combattant et des jeunes hommes qui refusèrent la soumission nationale.

Articles détaillés : Olei HaGardom, Etzel, Dov Gruner

Jeunesse à Petah Tikva

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Eliezer Kashani, combattant de l’Etzel et figure des Olei HaGardom.

Eliezer Kashani naît le 13 mars 1923 à Petah Tikva, dans une famille juive pauvre originaire de Perse. Ses parents, Ben-Zion et Malka Kashani, élèvent une famille nombreuse dans des conditions modestes.

Petah Tikva, l’une des premières localités juives modernes d’Eretz Israël, est alors un lieu de travail, d’effort et de construction nationale. Kashani grandit dans une société juive encore fragile, soumise au pouvoir britannique, mais déjà tournée vers la souveraineté.

Très jeune, il doit aider sa famille. Il travaille dès l’adolescence, notamment dans des ateliers et dans les vergers. Cette vie rude forge son caractère : endurance, simplicité, discipline et sens du devoir.

Formation et caractère

Dans sa jeunesse, Eliezer Kashani rejoint le mouvement sportif Maccabi. Comme beaucoup de jeunes Juifs d’Eretz Israël, il grandit dans un monde où l’éducation physique est liée à la renaissance nationale.

Le sport n’est pas seulement une activité personnelle. Il participe à la formation du « Juif nouveau » : un homme fort, droit, capable de travailler, de se défendre et de servir son peuple. Chez Kashani, cette culture de l’effort rejoint progressivement l’engagement clandestin.

Il appartient à cette génération née en Eretz Israël, qui ne connaît pas l’exil comme une nostalgie, mais qui vit directement l’humiliation d’un pays juif administré par une puissance étrangère.

Arrestation et déportation en Afrique

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Des prisonniers juifs des organisations clandestines furent détenus dans des camps britanniques en Afrique.

Le 23 août 1944, Eliezer Kashani est arrêté par les Britanniques, soupçonné d’appartenir à l’Etzel. Il est d’abord détenu à Latroun, puis déporté en Afrique avec d’autres prisonniers juifs des organisations clandestines.

Les Britanniques envoient alors plusieurs centaines de détenus juifs dans des camps d’internement en Érythrée, au Soudan et au Kenya, afin de les éloigner d’Eretz Israël et de briser les réseaux clandestins. Cette politique de déportation devient l’un des symboles de la répression mandataire contre les combattants juifs.

Au moment de son arrestation, Kashani n’est pas encore un membre actif de l’Etzel selon certaines notices biographiques. C’est paradoxalement dans l’univers carcéral et au contact des prisonniers de l’organisation qu’il se rapproche définitivement de la clandestinité révisionniste.

Entrée dans l’Etzel

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Logo de l’Etzel, organisation clandestine issue du courant national révisionniste.

Pendant sa détention en Afrique, Eliezer Kashani fréquente les membres de l’Etzel et demande à rejoindre l’organisation. Les militants hésitent d’abord à l’intégrer pleinement en raison de sa situation de prisonnier, mais son insistance, sa loyauté et sa détermination finissent par s’imposer.

En captivité, il apprend aussi l’anglais, ce qui lui sera utile après son retour en Eretz Israël. Son passage par les camps britanniques ne le brise pas ; il renforce au contraire son engagement contre le pouvoir mandataire.

À son retour en Eretz Israël, il devient un combattant actif de l’Etzel. Son parcours illustre une vérité fréquente dans l’histoire des mouvements clandestins : la répression britannique, loin d’éteindre l’engagement, transforme parfois des sympathisants ou des suspects en militants déterminés.

Activités clandestines

Après son retour, Eliezer Kashani participe aux activités de l’Etzel. Il prend part au renseignement, au transport d’armes et aux opérations militaires. Il commence également une formation destinée à faire de lui un commandant, mais sa mort l’empêche de l’achever.

L’Etzel, dirigé par Menahem Begin, mène alors la révolte contre le pouvoir britannique en Eretz Israël. Après la Shoah, la poursuite des restrictions britanniques contre l’immigration juive rend la situation explosive. Les survivants d’Europe cherchent une patrie, tandis que les autorités mandataires ferment les portes et répriment les organisations juives.

Pour Kashani, l’engagement dans l’Etzel devient une réponse à cette situation historique. Il ne se voit pas comme un criminel, mais comme un soldat d’une guerre de libération.

La « nuit des coups de fouet »

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L’Etzel organisa des représailles après la condamnation d’un de ses membres à la flagellation.

Le 29 décembre 1946, Eliezer Kashani participe à l’opération de l’Etzel connue sous le nom de « nuit des coups de fouet ». Cette action est décidée après la condamnation d’un membre de l’Etzel à une peine de flagellation par un tribunal militaire britannique.

Pour l’Etzel, la flagellation d’un combattant juif est une humiliation nationale. L’organisation décide donc de répondre par une opération symbolique : capturer des soldats britanniques et leur infliger le même châtiment.

Kashani fait partie de l’équipe avec Mordehai Alkahi, Yehiel Dresner, Avraham Mizrahi et Haim Golevsky. L’action s’inscrit dans la logique de représailles de l’Etzel : le pouvoir mandataire doit comprendre que l’honneur juif ne peut être piétiné sans réponse.

Arrestation près de Lydda

Après l’opération, l’équipe rencontre un barrage britannique près de Lydda. Les soldats ouvrent le feu sur leur voiture. Avraham Mizrahi est mortellement blessé. Eliezer Kashani, Mordehai Alkahi, Yehiel Dresner et Haim Golevsky sont arrêtés.

Les Britanniques découvrent dans le véhicule des armes et un fouet, ce qui relie les prisonniers à l’opération de représailles. Ils sont d’abord conduits dans un camp de parachutistes britanniques.

Selon les récits transmis dans la mémoire de l’Etzel, les prisonniers y subissent de longues heures de coups et d’humiliations. Après plusieurs jours, ils sont transférés à la prison centrale de Jérusalem.

Procès devant le tribunal militaire

Le procès d’Eliezer Kashani, Mordehai Alkahi, Yehiel Dresner et Haim Golevsky s’ouvre le 10 février 1947 devant un tribunal militaire britannique.

Les accusés refusent de reconnaître l’autorité du tribunal. Ils portent des vêtements simples et des kippot bleu et blanc. Leur attitude est celle de combattants capturés : ils ne cherchent pas à se justifier devant une puissance qu’ils considèrent comme étrangère à la souveraineté juive.

Ils refusent de répondre normalement aux questions et aux accusations. Le procès est bref. Alkahi, Dresner et Kashani sont condamnés à mort. Haim Golevsky, âgé de dix-sept ans, est condamné à la prison à vie.

À l’annonce du verdict, les quatre se lèvent et chantent la Hatikvah.

Le refus de demander grâce

Après la condamnation, des démarches sont entreprises pour obtenir une commutation de peine. Les familles et des avocats tentent de sauver les condamnés. L’opinion du Yichouv est particulièrement frappée par le fait qu’Alkahi, Dresner et Kashani n’ont pas été condamnés pour avoir tué, mais pour possession d’armes.

Eliezer Kashani refuse pourtant de signer une demande de grâce. Il affirme qu’il ne reconnaît pas le pouvoir britannique et qu’il ne signera donc aucun document revenant à reconnaître sa juridiction.

Dans sa cellule, il tombe malade, mais refuse également d’être soigné tant qu’il reste enchaîné. Ce refus exprime l’un des traits essentiels des Olei HaGardom : la dignité nationale passe avant le confort personnel, même dans les derniers jours.

Transfert secret à Acre

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La prison d’Acre, où Eliezer Kashani fut pendu le 16 avril 1947.

Le 15 avril 1947, Eliezer Kashani, Mordehai Alkahi et Yehiel Dresner sont transférés secrètement de Jérusalem à la prison d’Acre. Ils y rejoignent Dov Gruner, lui aussi condamné à mort.

Les Britanniques organisent ce transfert sans avertir les familles et sans laisser croire que l’exécution est imminente. Ils veulent éviter une mobilisation populaire ou une action de l’Etzel pour tenter de libérer les condamnés.

La prison d’Acre devient ainsi le lieu de leur dernier combat : non plus un combat armé, mais un combat de dignité, de silence et de fidélité.

L’exécution du 16 avril 1947

Le 16 avril 1947, à l’aube, Dov Gruner, Mordehai Alkahi, Yehiel Dresner et Eliezer Kashani sont conduits à la potence.

Les quatre hommes chantent la Hatikvah en montant vers le gibet. Kashani est le dernier des quatre à être pendu. Il a vingt-quatre ans.

L’exécution se déroule sans avertissement préalable, sans que les familles soient informées, et sans présence rabbinique. Les autorités britanniques tentent d’empêcher que cette mort ne devienne une cérémonie nationale. Mais, comme pour les autres Olei HaGardom, le secret ne fait qu’accroître la force du souvenir.

Enterrement à Safed

Après l’exécution, les corps des quatre pendus sont transportés sous escorte militaire à Safed. Les familles ne sont pas prévenues à temps et les rites funéraires sont strictement contrôlés.

Les Britanniques refusent de remettre les corps aux proches. Ils craignent que l’Etzel ne tente de transférer les dépouilles à Rosh Pina, près de la tombe de Shlomo Ben-Yosef, conformément au souhait des condamnés.

Les tombes de Safed deviennent malgré tout un lieu de mémoire. Les tentatives britanniques pour limiter les hommages ne parviennent pas à effacer l’émotion suscitée par les pendus d’Acre.

Une figure des Olei HaGardom

Eliezer Kashani appartient pleinement à la mémoire des Olei HaGardom. Son parcours est particulier : né à Petah Tikva, arrêté d’abord comme suspect, déporté en Afrique, il devient dans l’exil carcéral un militant déterminé de l’Etzel.

Sa vie montre que la répression britannique contribua parfois à renforcer le mouvement qu’elle voulait détruire. En l’envoyant en Afrique avec des prisonniers de l’Etzel, le pouvoir mandataire l’exposa directement à la discipline, aux idées et à la fraternité de la clandestinité révisionniste.

Il revient en Eretz Israël plus résolu qu’avant. Quelques mois plus tard, il est condamné à mort. Son destin résume l’accélération tragique de cette génération : jeunesse, répression, engagement, procès, potence.

Mémoire et héritage

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Mémorial des Olei HaGardom.

Eliezer Kashani est enterré à Safed aux côtés de Dov Gruner, Mordehai Alkahi et Yehiel Dresner. Sa tombe appartient aux lieux de mémoire de l’Etzel, du Betar et des Olei HaGardom.

Des rues portent son nom en Israël. Sa mémoire est honorée dans les cérémonies consacrées aux combattants de l’Etzel exécutés par les Britanniques.

Pour le Betar et l’Etzel, Eliezer Kashani incarne le jeune combattant que la prison, la déportation et la menace de mort n’ont pas réussi à briser. Il n’est pas une figure bétarie au sens strict, mais il appartient pleinement à la mémoire révisionniste par son engagement dans l’Etzel, son refus de demander grâce et sa mort à Acre.

Son nom reste lié à la chaîne des Olei HaGardom, ces jeunes hommes qui transformèrent la potence britannique en témoignage de souveraineté morale. Eliezer Kashani mourut comme il avait choisi de vivre dans ses dernières années : en combattant d’Israël, fidèle à son peuple jusqu’au dernier souffle.

Voir aussi

Sources et repères

Rédigé par Elie Levy · juin 2026