Organisation militaire nationale

ideologie
L’Irgoun est la continuité militaire du Betar et du mouvement jabotinskyen, fondée sur la discipline, le courage et la rébellion, avec pour objectif de défendre les Juifs d’Eretz Israël et de chasser les Britanniques d'Eretz Israel.

L’Organisation militaire nationale

L’Irgoun, Organisation militaire nationale, connu en hébreu sous l’acronyme Etzel (אצ״ל), a été créé en 1931 par des dissidents de la Haganah (ההגנה) jugeant cette dernière trop modérée.

Inspirés et guidés par les thèses jabotinskyennes, ils s’étaient fixés comme buts, en créant une véritable organisation militaire inspirée du légionnisme jabotinskyen, de lutter contre les Arabes en appliquant la loi du talion, et de chasser les Britanniques ralliés aux Arabes par les Livres blancs limitant puis interdisant l’immigration juive.

Menahem Begin, disciple de Jabotinsky, prit la tête de l’Irgoun dès 1943 et jusqu’en 1948, lorsque l’organisation fut dissoute pour être incorporée à Tsahal (צה״ל).

Jabotinsky et la formation de l’Irgoun

Pendant les années de création et de consolidation de l’Irgoun, Jabotinsky, principal agitateur anti-britannique, était interdit d’entrée en Palestine mandataire. C’est pourquoi il ne put prendre part activement à la formation du groupe militaire.

Cependant, il est difficile d’imaginer comment l’Irgoun aurait pu se lever et combattre tels des révoltés assoiffés de liberté, si ses jeunes membres n’avaient pas été éduqués dans les principes jabotinskyens de courage et de rébellion, que ce soit dans le cadre du Betar (בית״ר) ou non.

En 1936, Jabotinsky est nommé commandant en chef de l’Irgoun, titre qu’il gardera jusqu’à sa mort en 1940. Malgré son éloignement géographique du front, il intervient activement dans l’élaboration des grandes lignes politiques et militaires du groupe.

Le désaccord sur l’ordre des priorités

Il faut toutefois relever un désaccord avec certains de ses commandants, ainsi qu’avec ceux du Lehi (לח״י), sur l’ordre des priorités.

Jabotinsky croyait que la question juive devait être résolue en alertant la conscience du monde et en menant des négociations diplomatiques dans le cadre d’une grande offensive politique à visage découvert. Celle-ci devait être confortée par la menace d’une rébellion civile et militaire en Eretz Israël (ארץ ישראל).

En revanche, les jeunes commandants de l’Etzel et du Lehi (לח״י) mettaient l’accent sur l’action militaire proprement dite, qui devait, elle, être confortée par l’offensive politique.

Dans les deux cas, les actions avaient pour but de chasser les Anglais du pays.

L’Irgoun comme continuité du Betar

L’Irgoun a toujours été considéré comme faisant partie du mouvement jabotinskyen.

Outre l’emblème du groupe, qui était la carte d’Eretz Israël (ארץ ישראל) avec le Jourdain en son centre — Shtei Gedot HaYarden (שתי גדות הירדן) — et le fusil brandi pour appeler à la libération nationale, Jabotinsky voyait dans l’engagement des jeunes Juifs dans les rangs de l’Irgoun une continuation logique de l’éducation qu’ils recevaient au Betar (בית״ר).

Il écrit en 1938 aux dirigeants du Betar (בית״ר) :

En Gola (גולה), toutes les branches du mouvement sont soumises au principe de l’éducation militaire ; en Israël, elles sont toutes soumises au principe du rôle militaire.
En d’autres termes (...) en Gola (גולה) dominera le bétarisme et en Israël, l’Etzel.
Ce qui signifie qu’en Israël, l’Etzel aura la responsabilité de toutes les branches du mouvement, aussi bien sur l’administration des unités de recrutement que sur l’éducation des enfants.
Je serai très heureux que l’Etzel influence et détermine les voies de l’éducation bétarie.

L’Etzel étant un mouvement clandestin, Jabotinsky prit soin de dissimuler en public son soutien à ce mouvement.

Cependant, après la publication d’un Livre blanc en 1939, il parla ouvertement.

Le soutien public à l’Etzel en 1939

À Varsovie, en mai 1939, Jabotinsky défend la nécessité de l’existence de l’Etzel pour faire face aux émeutiers arabes et à l’impassibilité, voire à la complaisance, des Anglais :

Vous savez qu’il y a des groupes de gens en Israël, quelques milliers, qui sont responsables de briser la havlaga (הבלגה) — politique de retenue adoptée par les autorités sionistes face aux violences arabes —, cette même politique dans laquelle le Juif remplit le rôle de la souris, et l’Arabe celui du maître des lieux.
Les Juifs sont occupés à allumer des bougies de souvenir pour les morts (...)
Lorsque cette jeune Irgoun monte, monte aussi votre espoir, et lorsqu’elle tombe, vous tombez vous aussi (...)
Vous pouvez les aider ; aidez-les et amenez-les au jour où toute la jeunesse hébreue combattra avec la force de ses poings.
N’oubliez pas que nous avons en Eretz Israël (ארץ ישראל) une jeunesse de 60 000 personnes ; par tous les moyens aidez-les (...)
Savez-vous qui vous êtes ? Vous êtes la réserve de l’Irgoun.

Sources

  • Archives du Betar
Rédigé par Super Admin · mai 2026