Moshe Zvi Segal

Moshe Tzvi Segal, rabbin et militant révisionniste, fit retentir le shofar au Kotel en 1930, fonda Brit HaHashmonaïm et rejoignit le Etzel puis le Lehi.

Moshe Tzvi Segal (en משה צבי הלוי סגל ; né en 1904 à Poltava et mort le 25 septembre 1985 à Jérusalem) est un rabbin, militant du sionisme révisionniste et homme public israélien. Figure du révisionnisme religieux en Eretz Israël, il est surtout connu pour avoir fait retentir le shofar au Mur des Lamentations à l’issue de Yom Kippour 1930, en défiant l’interdiction imposée par les autorités du mandat britannique. Son geste inaugure une tradition clandestine de sonnerie du shofar au Kotel, poursuivie chaque année jusqu’en 1948.[1][2][3]

Il dirige à partir de 1937 le mouvement de jeunesse Brit HaHashmonaïm, rejoint ensuite l’Etzel puis le Lehi, dont il dirige la branche de Jérusalem. Après 1948, il joue un rôle public à Kfar Habad, dans le quartier juif reconstruit de la vieille ville de Jérusalem et dans les mobilisations en faveur du mont du Temple.[4][5]

Il ne doit pas être confondu avec Moshe Zvi Segal, rabbin, linguiste et professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem.

Biographie

Jeunesse et formation

Moshe Tzvi Segal naît à Poltava, dans l’Empire russe, le 6 chevat 5664, soit en 1904, au sein d’une famille religieuse.[5] Il étudie dans des institutions traditionnelles, notamment à la yeshiva de Mir et dans des cadres habad. Dans sa jeunesse, il participe à des cercles sionistes et pionniers, organise des cours de Torah clandestins et prend part à des groupes de préparation agricole dans le sud de l’Empire russe.[4]

Il rejoint l’organisation pionnière HeHalutz, reçoit une formation agricole et émigre en Palestine mandataire en 1924 avec d’autres jeunes venus d’Ukraine.[5] Après son arrivée, il travaille dans le bâtiment, dans une usine de marbre, dans l’agriculture et dans la garde en Galilée, dans la vallée du Jourdain, à Rehovot et à Jérusalem.[4]

L’un des récits biographiques conservés sur lui rapporte qu’à l’âge de sept ans il refuse de se lever à la synagogue lors d’une bénédiction pour le tsar de Russie, et qu’après la révolution de 1917 il passe une nuit de Yom Kippour à discuter avec des amis communistes pour les convaincre de l’absurdité de leur hostilité au judaïsme.[3]

Rupture avec la Haganah et entrée au Betar

En 1927, Segal est exclu de la Haganah. Lors d’un appel, il refuse de reprendre la formule d’engagement standard de l’organisation, « défendre les vies et les biens », et lui substitue sa propre formule : « devenir une armée juive pour un État juif ».[5]

La même année, après avoir entendu un discours de Vladimir Jabotinsky à Tel-Aviv, il rejoint le Betar et devient le septième Betari inscrit en Eretz Israël.[5]

Le 9 av 1929 et les premières mobilisations nationalistes

En 1929, après la décision britannique de restreindre les prières au Mur des Lamentations, Segal quitte son poste de gardien à Rehovot et lance un appel public aux Juifs pour se rendre à Jérusalem et marcher en masse vers le Kotel.[5][3]

Des milliers de personnes répondent à cet appel et marchent depuis Yellin Street, à Geula, vers la vieille ville, drapeau en main. Au cours de cette mobilisation, il lance aux autorités britanniques : « Nous vous chasserons de ce pays et établirons un État hébreu libre. » Après cette démonstration, il devient un homme recherché par les Britanniques et est contraint de se cacher.[5]

Il prend également part à la défense de Tel-Aviv contre les attaques arabes durant les violences de 1929.[5] Avec une trentaine de camarades, il participe à la formation du noyau qui donnera ensuite naissance à l’Etzel et au Lehi.[5]

La sonnerie du shofar de Yom Kippour 1930

À la fin de la prière de Neïla de Yom Kippour 1930, soit le 2 octobre 1930, Segal fait retentir le shofar au Mur des Lamentations, malgré l’interdiction britannique formellement imposée par le haut-commissaire John Chancellor.[1][2][3]

Le récit détaillé de l’épisode précise que les fidèles rassemblés au Kotel refusent de se disperser après avoir appris qu’ils devraient aller ailleurs pour entendre le shofar. Les policiers britanniques sont présents pour empêcher la sonnerie. Segal, alors âgé de vingt-cinq ans, s’adresse aux personnes autour de lui et affirme que ses ancêtres ont sanctifié le nom de Dieu et donné leur vie pour des coutumes religieuses moins importantes que celle-ci, ajoutant que le gouvernement peut promulguer toutes les lois qu’il veut mais ne peut entraver ni la religion ni la conscience.[3]

Il demande alors un shofar au rabbin Yitzhak Orenstein, récemment nommé superviseur rabbinique du Kotel. Celui-ci lui désigne discrètement un pupitre de prière et s’éloigne. Segal y découvre un shofar, le glisse sous sa chemise, emprunte un talith à un fidèle plus âgé et se dit : « Sous ce châle, il n’y a pas de pouvoir étranger. Il y a un État juif libre, et ici je suis libre d’accomplir la volonté de Dieu. »[3]

Il sort alors le shofar et le fait retentir. Il est aussitôt arrêté, battu par la police britannique puis conduit à un poste de police près de la porte de Jaffa.[1][2][3]

Le rav Kook, grand rabbin ashkénaze d’Eretz Israël, intervient en sa faveur et menace d’entreprendre un jeûne de protestation s’il n’est pas libéré. Les autorités britanniques cèdent. Vers minuit, Segal est accueilli par des élèves du rav Kook, qui l’escortent jusqu’au domicile de l’assistant du grand rabbin pour qu’il puisse enfin rompre le jeûne.[3]

Sa sonnerie devient un symbole du combat pour la liberté de culte juif au Kotel. Par la suite, des militants du Betar, de Brit HaBiryonim puis de l’Irgoun reprennent ce geste chaque année à l’issue de Yom Kippour, sauf en 1936 lorsque le Kotel est fermé à la suite des violences arabes.[1][2][4]

Arrestation lors de la manifestation contre le Dr Shiels

Le 9 octobre 1930, une semaine après la sonnerie du shofar, Segal participe avec Abba Ahimeir à une manifestation organisée à Tel-Aviv contre le sous-secrétaire britannique aux Colonies, Dr Shiels. Le rassemblement proteste notamment contre les restrictions britanniques pesant sur l’immigration juive. Segal et quatre autres militants comptent parmi les premiers sionistes arrêtés en Eretz Israël pour activité anti-britannique ouverte.[3]

Une photographie d’époque identifie parmi les personnes arrêtées Abba Ahimeir, Moshe Segal, Ephraim Ben-David et Shmuel Tagansky. Une biographie de Binyamin Zironi confirme également son arrestation au cours de cette manifestation avec des membres de Brit HaBiryonim.[6][7]

Brit HaHashmonaïm

En 1937, Segal fonde en Eretz Israël Brit HaHashmonaïm, mouvement de jeunesse religieux-national du camp révisionniste. Il en prend la direction nationale et le maintient jusqu’à sa dissolution à la création de l’État d’Israël.[4][3]

Le mouvement sert de cadre d’éducation religieuse, nationale et militante à une partie de la jeunesse du révisionnisme religieux. Segal y exerce une influence directe sur plusieurs jeunes qui rejoignent ensuite les organisations clandestines révisionnistes.[4]

Etzel, prisons et Lehi

Segal rejoint l’Etzel. Après la scission de 1940, il siège un temps à la direction de l’organisation avant de passer au Lehi.[4] Il devient ensuite membre du haut commandement de l’Irgoun puis chef de l’unité de Jérusalem du Lehi.[3]

Au sein du Lehi, il devient responsable de la branche de Jérusalem. Il recrute activement de nouveaux militants, notamment parmi les membres de Brit HaHashmonaïm, et sa maison sert de refuge à des évadés ou à des membres recherchés de l’organisation.[4]

Durant les années de clandestinité, il partage des cellules de prison avec le commandant de l’Irgoun David Raziel, avec lequel il partage la nourriture strictement casher préparée par son épouse, ainsi qu’avec Avraham Stern, futur chef du Lehi. Un récit rapporte qu’après l’office du soir de Yom Kippour, Stern lui demande quoi faire ensuite et que Segal lui répond qu’ils doivent étudier le traité Yoma, consacré au service de Yom Kippour au Temple. Ils passent alors la nuit de prison à étudier les mishnayot.[3]

Plus tard, lorsqu’il est détenu au camp de Latrun, Segal donne des cours de Talmud aux prisonniers. L’un des anciens militants de l’Irgoun dira plus tard : « Quel que soit le sujet, Segal finissait toujours par en tirer la même conclusion : il faut combattre pour Eretz Israël. »[3]

Organisateur de la sonnerie clandestine du shofar au Kotel

Au cours de toutes ces années, Segal n’abandonne jamais la lutte autour du Kotel. Il enseigne souvent à de jeunes militants comment sonner du shofar et veille, avec des membres de Brit HaHashmonaïm, du Betar et de l’Irgoun, à ce que des shofars soient introduits clandestinement au Kotel à Yom Kippour.[3]

En 1938, dans des conditions clandestines, il forme le jeune Yaacov Aharoni, âgé de seize ans. Aharoni rapporte qu’il ne savait pas encore que Segal lui-même avait été celui qui avait sonné du shofar au Kotel en 1930, et qu’il le considérait comme un homme humble et discret, lui expliquant surtout les intentions spirituelles de la sonnerie et la nécessité de permettre aux fidèles d’accomplir leur devoir religieux.[3]

Aharoni et son partenaire Israel Tevua sont tous deux arrêtés cette nuit-là ; Aharoni est libéré sous caution, tandis que Tevua est condamné à quatre mois de prison.[3]

À Yom Kippour 1942, Segal veille à la présence d’un important groupe de jeunes au Kotel. Lorsque Mordecai Shchori est arrêté pour avoir sonné du shofar, les jeunes se jettent sur son escorte policière et le libèrent de force. Shchori est hébergé cette nuit-là par le grand rabbin séfarade Ben-Zion Meir Hai Uziel, qui prononce sur lui la bénédiction sacerdotale. Le lendemain, Segal le rencontre et le félicite pour la beauté de sa sonnerie.[3]

Chaque année, des Juifs suivent ainsi l’exemple de Segal et défient l’interdit britannique en faisant retentir le shofar au Kotel. Plusieurs de ceux qui y participent meurent ensuite dans la lutte contre les Britanniques ou dans la guerre de 1948. Ovadia Zvi est tué à l’âge de seize ans lors d’une tentative de sabotage contre une installation britannique au nom de l’Irgoun. Aharon Zuckerman meurt dans les combats de Jaffa en 1948.[3]

Rahamim Mizrachi, qui sonne du shofar au Kotel lors de deux Yom Kippour, est ensuite arrêté comme suspect de l’Irgoun et exilé en Afrique, d’où il s’évade à trois reprises avant de revenir en Israël à l’été 1948. Marié juste après le 9 av, il refuse l’exemption militaire qu’on lui propose et tombe au combat près de Malha à Jérusalem, le 17 tichri, une semaine après Yom Kippour.[3]

Eliahu Ezra sonne lui aussi du shofar au Kotel à deux reprises. Exilé à son tour dans un camp britannique en Afrique, il est tué à Tou Bichvat 1946 lorsque les gardes ouvrent le feu sur des détenus non armés.[3]

Le dernier à enfreindre le décret britannique en faisant retentir le shofar au Kotel est le jeune Avraham Elkayam, âgé de treize ans, en 1947. L’année suivante, les Jordaniens occupent Jérusalem et interdisent aux Juifs l’accès au Kotel pendant les vingt années suivantes.[3]

Après la création de l’État d’Israël

Après 1948, Segal s’installe à Kfar Habad, où il crée une exploitation agricole. Il devient secrétaire du village, contribue à son développement et occupe également des fonctions locales de direction. Il fonde notamment l’école de filles Beit Rivka.[4][5]

Il continue parallèlement à intervenir dans les milieux habad et dans diverses organisations publiques locales.[4]

Retour au Kotel après 1967 et installation dans la vieille ville

Lorsque Jérusalem et le Kotel passent sous contrôle israélien pendant la guerre des Six Jours, d’anciens combattants et soldats affluent sur les lieux alors même que les combats se poursuivent. Avraham Elkayam, devenu réserviste, y parvient lui aussi, trouve un shofar et le fait retentir. Segal est également présent ; les deux hommes font connaissance et s’étreignent.[3]

À partir de la fin des années 1960, Segal s’installe dans le quartier juif de la vieille ville de Jérusalem. Il est présenté comme son premier habitant juif après la reconstruction du quartier consécutive à 1967.[2]

Il entreprend de nettoyer, restaurer et remettre en activité la synagogue Habad Tzemach Tzedek, où il organise un minyan régulier.[5][3] Des proches s’inquiètent de le voir vivre presque seul dans la vieille ville, où il dort avec un pistolet sous l’oreiller. Interrogé à ce sujet, le rabbi de Loubavitch aurait répondu que s’il dort avec un pistolet sous la tête, alors il est suffisamment en sécurité.[5]

Segal recommence à sonner du shofar au Kotel après 1967, prolongeant ainsi le geste de 1930 dans un cadre désormais souverain.[5][3]

Mont du Temple, Yamit et Temple Institute

Dans les années 1970, Segal rejoint le groupe El Har Hashem (« Vers la montagne de Dieu ») et agit en faveur de la présence juive sur le mont du Temple. Il participe à des offices de Yom Kippour près de la porte des Maghrébins et continue à sonner du shofar jusqu’à la fin de sa vie.[2]

En 1981, il transmet encore cet héritage à une nouvelle génération. À Yom Kippour, il prie avec l’ancien commandant du Lehi Israel Eldad dans un minyan dominant le Kotel, sonne du shofar à la fin du jeûne puis le tend à un militant plus jeune. Cinquante ans après la sonnerie de 1930, lui-même et un compagnon franchissent en courant une porte à demi fermée du mont du Temple et deviennent les premiers Juifs depuis des siècles à clore Yom Kippour par la sonnerie du shofar sur l’esplanade même, là où le service du jour devait historiquement être célébré.[3]

Segal demeure une figure idéologique marquée, respectée jusque dans des milieux politiques qui ne partagent pas ses positions. Il est régulièrement invité à donner des conférences dans des kibboutz laïques. Une photographie célèbre le montre aux côtés de Menahem Begin, un Sefer Torah à la main, dans une localité de Samarie, promettant d’y construire davantage.[3]

Il rompt cependant avec Begin lorsque celui-ci accepte la rétrocession du Sinaï et de la ville juive de Yamit à l’Égypte. Segal s’installe alors à Yamit, y donne des cours de Torah et, lorsque l’armée israélienne vient expulser les derniers habitants, se retranche avec des militants plus jeunes dans un bunker. Quand le gaz lacrymogène commence à pénétrer à l’intérieur et que les autres s’inquiètent pour lui, il répond que s’ils veulent se rendre à cause de lui, il refuse ; mais que s’ils préfèrent sortir pour éviter un affrontement avec d’autres Juifs servant dans l’armée, il les accompagnera.[3][5]

Après l’évacuation de Yamit, il rejoint le rabbin Israel Ariel pour participer à la fondation du Temple Institute dans la vieille ville de Jérusalem, consacré à la reconstitution des objets sacrés du Temple et à la transmission de l’importance du Beit HaMikdash.[3][5]

Moshe Zvi Segal house - Jerusalem 2
Maison de Moshe Tzvi Segal dans le quartier d’Arnona, à Jérusalem.

Œuvre et publications

Segal publie plusieurs textes au cours de sa vie. Il fait paraître des Yomanei ha-Shomer (« journaux du gardien ») issus de sa période de garde en Galilée dans le journal Doar Hayom, ainsi que des essais de pensée juive dans le périodique HaHashmonai. Il écrit également dans la presse quotidienne.[4]

Il est l’auteur de l’autobiographie Dor va-Dor (דור ודור), publiée en 1985 par le ministère israélien de la Défense. Le catalogue de l’Institut Jabotinsky la présente comme un récit autobiographique consacré à son activité dans les clandestinités, au Betar, à la mouvance HaTzohar, à Brit HaBiryonim, à Brit HaHashmonaïm, au mouvement Hérout et à d’autres organisations du camp révisionniste.[8][9]

Vie familiale

Après la guerre d’indépendance, Segal vit à Kfar Habad avec son épouse et sa famille.[5] Les sources biographiques mentionnent deux fils, dont Yishavam, ainsi que trois filles, mariées respectivement au rabbin Yitzchak Ginsburgh, au traducteur Uri Kaploun et au rabbin Shmuel Schneerson.[5]

Postérité

La mémoire de Moshe Tzvi Segal demeure principalement liée à la sonnerie du shofar au Kotel en 1930, devenue un épisode emblématique de la résistance aux restrictions britanniques sur le culte juif à Jérusalem.[1][2][3]

Son parcours a fait l’objet de plusieurs travaux mémoriels et patrimoniaux dans les milieux révisionnistes, habad et liés au Lehi. Il y apparaît à la fois comme l’une des figures majeures du combat symbolique autour du Kotel, comme l’un des organisateurs du révisionnisme religieux militant en Palestine mandataire, et comme un passeur entre plusieurs générations de militants juifs nationalistes et religieux.[4][5][3]

Décès

Moshe Tzvi Segal meurt le 25 septembre 1985, jour de Yom Kippour, et est enterré au cimetière juif du mont des Oliviers, face au mont du Temple, après la fin du jeûne.[4][9][3]

Un récit rapporte qu’autour de sa tombe ouverte, de nombreux participants ayant instinctivement apporté des shofars font entendre une dernière tekiah gedolah en son honneur.[3]

Voir aussi

Liens externes

Notes et références

Références

Notes et références

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  2. he https://www.makorrishon.co.il/news/article/267633 90 שנה לתקיעת השופר שסללה את הדרך להר הבית מקור ראשון 10 mars 2026 ↑ 2 ↑ 3 ↑ 4 ↑ 5 ↑ 6 ↑ 7
  3. en https://jewishpress.com/defying-the-british-on-yom-kippur-the-remarkable-tale-of-the-man-who-secretly-blew-shofar-at-the-kotel/ Defying The British On Yom Kippur: The Remarkable Tale Of The Man Who Secretly Blew Shofar At The Kotel The Jewish Press 20 avril 2026 ↑ 2 ↑ 3 ↑ 4 ↑ 5 ↑ 6 ↑ 7 ↑ 8 ↑ 9 ↑ 10 ↑ 11 ↑ 12 ↑ 13 ↑ 14 ↑ 15 ↑ 16 ↑ 17 ↑ 18 ↑ 19 ↑ 20 ↑ 21 ↑ 22 ↑ 23 ↑ 24 ↑ 25 ↑ 26 ↑ 27 ↑ 28 ↑ 29 ↑ 30 ↑ 31 ↑ 32
  4. he https://lehi.org.il/he/%D7%A1%D7%92%D7%9C-%D7%9E%D7%A9%D7%94-%D7%A6%D7%91%D7%99-%D7%90%D7%99%D7%AA%D7%99%D7%90%D7%9C/ סגל משה צבי – “איתיאל” העמותה להנצחת מורשת לח״י 10 mars 2026 ↑ 2 ↑ 3 ↑ 4 ↑ 5 ↑ 6 ↑ 7 ↑ 8 ↑ 9 ↑ 10 ↑ 11 ↑ 12 ↑ 13
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  8. he https://www.jabotinsky.org/%D7%90%D7%A8%D7%9B%D7%99%D7%95%D7%9F/%D7%97%D7%99%D7%A4%D7%95%D7%A9-%D7%A4%D7%A9%D7%95%D7%98/%D7%A4%D7%A8%D7%99%D7%98-%D7%90%D7%A8%D7%9B%D7%99%D7%95%D7%9F/?itemId=117955 דור ודור מכון ז'בוטינסקי בישראל – ארכיון 10 mars 2026
  9. he https://www.nli.org.il/he/books/NNL_ALEPH990010069490205171/NLI דור ודור / משה צבי הלוי סגל הספרייה הלאומית 10 mars 2026 ↑ 2
Rédigé par Super Admin · avril 2026