Hérout (en hébreu : חרות ; translittéré : Herut) est un quotidien politique en hébreu publié à Tel-Aviv du 3 octobre 1948 au 31 décembre 1965. Organe du mouvement Hérout, il prend la suite du quotidien révisionniste HaMashkif dans les premiers mois de l’État d’Israël.[1][2]
Le journal paraît quotidiennement pendant plus de dix-sept ans. La collection conservée par la Bibliothèque nationale d'Israël comprend 5 239 numéros et 27 411 pages, publiés entre 1948 et 1965.[1]
Il ne doit pas être confondu avec Ha-Herut, journal hébraïque publié à Jérusalem à l’époque ottomane, ni avec Ḥerut ʻIton Ḥofshi, publication clandestine de l’Irgoun.[3][4]
Histoire
Fondation
Le quotidien est lancé quelques mois après la création du parti Hérout, fondé le 15 mai 1948, au lendemain de la proclamation de l’État d’Israël. Son titre manifeste la continuité revendiquée entre le nouveau parti et l’Irgoun, dont la publication clandestine portait déjà le nom de Herut entre 1942 et 1948.[1][4]
Le premier numéro paraît le 3 octobre 1948. Sa publication fait partie des mesures prises pour consolider le nouveau parti dans la perspective des premières élections législatives israéliennes, prévues en janvier 1949.[1]
Menahem Begin veut alors doter son mouvement d’un organe capable d’exprimer son orientation propre et de fournir une tribune publique à une base militante sortie récemment de la clandestinité.[1]
Ligne éditoriale
Sous son titre figurent quatre slogans qui résument l’orientation du journal et du mouvement :
- « pour l’intégrité de la patrie » ;
- « pour le rassemblement des exilés » ;
- « pour la justice sociale » ;
- « pour la liberté de l’homme ».[1]
Le quotidien défend la ligne du parti Hérout et plus largement du sionisme révisionniste dans l’Israël des premières décennies. Il cherche aussi à élargir l’audience du mouvement au-delà de son noyau révisionniste traditionnel.[1]
Contenu
Le journal publie les discours de Menahem Begin dans leur intégralité, ainsi que des articles de figures importantes du mouvement comme Yohanan Bader, Yosef Shofman, Abba Ahimeir, Shmuel Katz ou Shmuel Merlin.[1]
Un numéro type s’ouvre sur un éditorial et sur un tour d’horizon de l’actualité internationale. Le quotidien comprend également :
- des analyses politiques ;
- des informations sur les activités du mouvement Hérout ;
- une rubrique consacrée à la recherche de proches disparus pendant la Shoah ;
- une section consacrée aux activités des différentes branches du Betar.[1]
Les numéros du vendredi sont plus développés et comprennent un supplément littéraire et culturel, avec des critiques de théâtre et de livres, des poèmes, notamment de Uri Zvi Greenberg, ainsi que des publications en feuilleton comme une étude sur Ze'ev Jabotinsky par Jacob Weinshall. Le journal comporte aussi une rubrique d’énigmes et de mots croisés, éditée par Hillel Harshoshanim.[1]
Rédaction et collaborateurs
Parmi les journalistes et collaborateurs du quotidien figurent notamment :
- Yoel Marcus ;
- Dan Margalit ;
- Eitan Haber ;
- Shlomo Nakdimon ;
- Ze'ev Galili ;
- Amos Keinan ;
- Uzi Benziman ;
- Eliyahu Matza ;
- Dan Levin ;
- Aryeh Naor ;
- Moshe Katsav.[5]
Shmuel Merlin, député du parti Hérout, fait aussi partie des rédacteurs en chef du journal.[5]
Le quotidien est lancé par d’anciens journalistes de HaMashkif, le précédent quotidien révisionniste, parmi lesquels Izik Ramba, qui en devient l’un des principaux responsables éditoriaux et l’éditeur à partir de la fin des années 1950.[2][5]
Place dans la presse israélienne
Hérout occupe une place importante dans la presse partisane israélienne des années 1950 et 1960. Il constitue l’organe du mouvement Hérout, comme Davar pour le mouvement ouvrier ou HaBoker pour les sionistes généraux.[1][6]
Le titre s’inscrit aussi dans une généalogie de la presse révisionniste : après HaAm, Hazit HaAm et HaYarden, puis après HaMashkif sous le mandat britannique, Hérout devient le principal quotidien du courant révisionniste dans l’État d’Israël.[1][2]
Fin du journal
Le quotidien cesse de paraître le 31 décembre 1965, dans le contexte de la création du bloc Gahal (Gush Herut-Liberalim), alliance conclue en avril 1965 entre Hérout et le Parti libéral.[1]
La fermeture des deux quotidiens partisans du nouveau bloc, Hérout et HaBoker, répond principalement à des considérations financières. Les deux titres sont remplacés par un quotidien commun, HaYom.[1]
Importance historiographique
Hérout constitue une source importante pour l’étude du sionisme révisionniste après 1948, de l’histoire du parti Hérout, de l’évolution du Betar en Israël et de la culture politique de la droite israélienne dans les premières décennies de l’État.[1]
Voir aussi
Liens externes
- en https://www.nli.org.il/en/newspapers/hrt Ḥerut – collection complète Bibliothèque nationale d'Israël
- he https://www.nli.org.il/he/newspapers/hrt חרות – אוסף העיתונות Bibliothèque nationale d'Israël
Notes et références
RéférencesNotes et références
- en https://www.nli.org.il/en/newspapers/hrt Ḥerut Bibliothèque nationale d'Israël 10 mars 2026 ↑ ↑ 2 ↑ 3 ↑ 4 ↑ 5 ↑ 6 ↑ 7 ↑ 8 ↑ 9 ↑ 10 ↑ 11 ↑ 12 ↑ 13 ↑ 14 ↑ 15
- en https://www.nli.org.il/en/newspapers/hmf HaMashkif Bibliothèque nationale d'Israël 10 mars 2026 ↑ ↑ 2 ↑ 3
- en https://www.nli.org.il/en/newspapers/ahj Ha-Herut Bibliothèque nationale d'Israël 10 mars 2026 ↑
- en https://www.nli.org.il/en/newspapers/hrte Ḥerut ʻIton Ḥofshi Bibliothèque nationale d'Israël 10 mars 2026 ↑ ↑ 2
- en https://en.wikipedia.org/wiki/Herut_(newspaper) Herut (newspaper) Wikipedia 10 mars 2026 ↑ ↑ 2 ↑ 3
- en https://www.nli.org.il/en/newspapers/hbkr Ha-Boker Bibliothèque nationale d'Israël 10 mars 2026 ↑