L’hébreu
Dès le début de son aventure sioniste, Jabotinsky comprit que la résurrection de notre langage national — l’hébreu — était une nécessité historique, une phase primordiale de l’édification nationale.
En 1903, il répandait déjà cette idée auprès de sa génération :
Quand bien même le timbre, la sonorité de l’hébreu eût été pire que le grincement d’un chariot mal arpenté, nous aurions tout de même été attirés par cette culture.
Nous aurions ressenti ce besoin absolu de créativité, cette obligation de l’histoire dont l’insatisfaction nous fait tant souffrir.
Jabotinsky fut l’un des premiers sionistes russes à évoquer ce problème. Il parcourut la Russie de long en large afin de sensibiliser les masses juives à l’importance de cette révolution.
Il ne se contenta pas d’encourager avec ferveur l’apprentissage de l’hébreu : il exigea la fondation d’écoles dans lesquelles la seule langue d’enseignement serait l’hébreu, et ce dans toutes les matières.
L’école nationale
La génération juive nationale et contemporaine s’est révoltée contre la sainteté de ses parents.
Beaucoup d’entre eux ont grandi dans un entourage totalement assimilé.
Leurs parents leur ont appris à se considérer comme Russes.
Leurs instituteurs leur ont enseigné à préférer Pouchkine, la littérature et la langue russes.
Ensuite, ils ont grandi et la rupture est intervenue.
Ils ont enfin compris la vérité.
Alors, après un conflit interne cruel et une difficulté considérable, ils ont arraché ce sentiment national étranger de leur âme et ont violemment rejeté les principes de leurs parents et professeurs.
Nous devons impérativement rapprocher nos enfants de la nation hébraïque, les lier à sa culture.
L’hébreu constitue l’essentiel de l’éducation, et le lien indestructible et nécessaire entre l’individu et la nation est la langue.
Certes, nous ne pourrons pas concrétiser cet idéal de manière intégrale car la Gola nous limite dans notre action.
J’exige juste que l’on entame la première étape, la plus belle et la plus importante : la construction de l’École nationale.
Le Roch Betar, issu lui-même de cette culture européenne et attaché à celle-ci, comprit qu’il fallait rompre tout lien avec cette éducation assimilationniste et combattre impitoyablement l’hégémonie de cette culture auprès de nombreux Juifs.
Toutefois, il souligna qu’il ne fallait surtout pas céder à la haine, comme c’était le cas pour d’anciens assimilés fraîchement reconvertis au sionisme, ni se reclure dans l’autarcie culturelle.
Il insista également beaucoup sur le besoin de moderniser et de dynamiser l’hébreu, jusqu’alors langage culturel, afin qu’il s’adapte à l’époque et devienne plus attrayant pour la jeunesse juive.
La portée politique de l’hébreu
D’un point de vue politique, Jabotinsky était persuadé que la valorisation de l’hébreu serait bénéfique :
La résurrection de la langue hébraïque dans le monde goy ajoute de l’honneur et du respect au sionisme.
Elle accentue son poids politique international.
Le développement de l’hébreu dans tout le monde doit constituer l’élément de base de tout programme politique sérieux visant à fonder un État juif.
C’est pour cela que l’étude de l’hébreu occupa constamment une place primordiale au sein des activités du Betar.
Sources
- Archives du Betar