Le Hadar

Le Hadar désigne l’idéal bétari de noblesse, de dignité, de courage et de tenue morale. Pour Jabotinsky, il doit former un Juif fier, loyal, discipliné et respectable, capable d’incarner dans sa conduite quotidienne la grandeur retrouvée du peuple juif.

Le Hadar

Jabotinsky, dès le début de sa carrière, n’aura de cesse d’évoquer ce qu’il considère comme le vrai Juif, dans lequel il veut reconnaître le courage, la beauté, la grâce et la pureté morale dignes d’un fils du peuple hébreu, peuple de la Torah.

Il souhaite voir ces qualités se développer d’abord au sein du Betar, et ensuite dans l’ensemble du peuple juif.

Le Hadar est un mot qu’on ne peut traduire en une autre langue.
Il inclut des notions diverses : la beauté extérieure, la fierté, la politesse.
C’est le Betar qui doit lui donner sa traduction dans la vie quotidienne : dans sa démarche, dans son travail, dans ses pensées et dans ses paroles.
Le Hadar Betar doit être l’aspiration de chacun d’entre nous.

Le Roch Betar estime que le Hadar a une influence sur la réaction des antisémites :

Si tous les Juifs en Gola avaient compris cela, les antisémites auraient continué à nous haïr, mais cette haine se serait mêlée de respect et notre situation aurait été autre.

Plus loin :

La discipline du Betar est un bon moyen pour l’éducation du Hadar, mais elle n’est pas suffisante.
Chacun d’entre nous doit se l’imposer.

Le Hadar comme mot d’honneur

Jabotinsky insiste sur la loyauté du Betar :

Son mot est un mot d’honneur et un jour viendra où on ne dira plus « c’est un vrai gentleman », mais on dira « c’est un vrai Betari ».

Le principe du Hadar revêt une telle importance à ses yeux qu’il va en faire un paragraphe du serment que prête chaque Betari :

J’aspire au Hadar par toute ma pensée, toute mon action et par tout mouvement de mes lèvres, car je suis un fils de prince.

Les règles concrètes du Hadar

En 1934, il écrit aux jeunes de l’école navale du Betar en Italie et revient sur les règles inhérentes au Hadar :

Soyez polis !
Ne vous asseyez pas sur un banc en premier avant qu’on ne vous le propose.
Apprenez à parler d’une voix basse à l’école, lors des réunions d’amis, dans la rue et même dans votre chambre.
Ne dérangez pas le repos des habitants de la ville.
Lors de vos promenades dans la cour de l’école ou dans la rue, allez par deux et non par trois, car vous pourriez gêner le passage des habitants.
La propreté corporelle et vestimentaire sera pour vous une loi constante.
Souvenez-vous qu’une tache sur vous entache le Betar et tout Israël.

Jabotinsky savait qu’il n’était pas simple de changer les défauts accumulés par les Juifs de Gola pendant des générations.

Cependant, à la fin de sa vie, il notera avec fierté et satisfaction que son travail d’éducation de la nouvelle génération a porté ses fruits.

Shlomo Ben Yossef, incarnation du Hadar

À ses yeux, le Betari Shlomo Ben Yossef en est le plus digne représentant.

Il va monter à l’échafaud en témoignant d’un héroïsme suprême et d’un sens instinctif du Hadar, provoquant ainsi le réveil de sa génération.

À Varsovie, en 1938, le Roch Betar lui rendra un hommage vibrant devant la foule :

Et notre jeunesse ? Cette jeunesse est croyante et combattante.
Elle s’est sacrifiée.
Que sont les plougots (פלוגות) du Kotel et le Rosh-Pina de Shlomo Ben Yossef ?
Ils sont des fils pauvres du peuple d’Israël dont l’idéal est de servir leur patrie.
Ils vivent dans des conditions difficiles, et cela est de votre faute.
Mais au moins, ils respectent leur serment.
Je vous ai promis d’éduquer la génération du Hadar.
J’ai déjà expliqué de nombreuses fois la signification du Hadar.
Il englobe à la fois les concepts de noblesse d’âme, de beauté et de courage.
Et voyez le résultat !
Un jeune Juif polonais originaire de Łódź symbolisait cette éducation et a ouvert les yeux au monde juif par son action.
Et on ne doit pas dire qu’il a été choisi.
Tout au contraire. Il était un simple Betari qui est sorti des rangs les yeux fermés.
Mais il n’est pas concevable que moi, je parle de lui.
Et je vous dirai seulement que le monde britannique a été ébranlé et commence à estimer la force du Hadar.

À travers le Hadar, c’est une dignité perdue et une fierté que Jabotinsky cherche à réinculquer au peuple :

Un peuple dont tout sujet est un prince, une armée dont tout soldat est un seigneur.

Sources

  • Archives du Betar