Le militarisme

ideologie
Le militarisme jabotinskyen ne vise pas à glorifier la guerre, mais à former une jeunesse juive saine, disciplinée et fière, capable d’assurer la défense du Yichouv et de restaurer la dignité nationale par l’existence d’une force armée hébraïque.

Le Bataillon hébreu et l’éducation militaire

Pour Ze'ev Jabotinsky, l’existence d’un Bataillon hébreu n’était pas seulement un besoin temporaire lors de la Première Guerre mondiale (Légion Juive), mais essentiellement un élément indispensable à la résurrection nationale.

Il estimait à juste titre l’influence politique d’un tel élément, ainsi que son aspect incontestable pour la sécurité du Yishouv en Eretz Israël.

L’existence légale d’une force armée constituait une révolution dans le psychisme du peuple juif et dans son statut auprès des autres nations.

En 1917, s’adressant aux volontaires juifs de Whitechapel à Londres, il dit :

Pendant des générations, les nations du monde ont été habituées à entendre : un Juif a été frappé par ici et on a défendu des Juifs par là.
Le temps est venu de montrer au monde entier ce que sont un fusil juif et une baïonnette juive.

Il œuvra sans arrêt pour le maintien de ce bataillon après la Première Guerre mondiale et, même après son démantèlement, il lutta pour sa reconstitution.

En même temps, il s’attela à former le cœur et l’esprit de la nouvelle génération.

Toute formation ou discipline militaire était alors étrangère aux mouvements de jeunesse et totalement désavouée par le mouvement sioniste.

Or, aux yeux du Roch Betar, l’éducation de la jeunesse hébraïque passait impérativement par le militarisme :

Le militarisme désigne un régime au sein duquel l’État compte trop de soldats.
C’est la seule utilisation convenable de ce terme latin.
Or, aucun homme ayant une pensée saine n’a jamais demandé qu’un peuple reste totalement dénué d’armée.
Il faut s’armer de patience, en particulier dans notre relation avec la jeunesse.
Et il ne faut pas craindre les termes latins, et même le terme militarisme.
Certes, la haine des guerres est l’héritage spirituel de notre peuple.
Nos prophètes furent les premiers à s’élever contre « la norme » des tueries de masse, et nous demeurons fidèles à leur enseignement.
Aucun d’entre nous n’a l’intention de donner naissance à une génération revendiquant la guerre.
Nous voulons simplement nous assurer que cette génération sera saine.
Et c’est cela l’essentiel.

Jabotinsky considérait la guerre comme une disposition ultime et laide.

Toutefois, il admettait volontiers que la vie militaire comporte de nobles aspects tels que l’esprit d’équipe, la simplicité, l’égalité entre les riches et les pauvres, la discipline et l’hygiène.

Il estimait qu’une jeunesse éduquée dans un esprit militaire produirait un effet positif sur l’ensemble du peuple juif et contribuerait à son réveil :

Prenez le Juif le plus assimilé qui soit et vous verrez que vous pouvez l’emplir d’un sentiment de fierté nationale juive par un moyen très simple : habillez plusieurs centaines de jeunes Juifs d’une même tunique et faites-les défiler devant ses yeux de manière ordonnée et esthétique, comme une machine.
Aucune autre chose au monde ne réveillera en lui une telle fierté cachée.

En 1929, dans son poème Les Quatre Coupes, il chanta la gloire du militarisme :

La deuxième coupe revient à la jeunesse hébreue.
En silence, nous boirons à sa vie, car le silence est beau pour le soldat qui se prépare au combat.
La jeunesse hébreue sait qu’il n’existe pas de service aussi beau et noble que celui d’un homme d’épée, qui veille à la paix de l’édification nationale.
Et ceux qui ne savent pas cela ne sont pas jeunesse.

Sources

  • Archives du Betar
Rédigé par Super Admin · mai 2026