Haim Ben-Attar

Haim Ben-Attar, journaliste sioniste de Jérusalem, fut le principal rédacteur de Ha-Herut et l’une des figures de la presse hébraïque ottomane.

Haim Ben-Attar (né à Jérusalem le 29 octobre 1885 et mort dans la même ville le 26 novembre 1918) est un journaliste, rédacteur en chef, traducteur et militant sioniste de la fin de la période ottomane en Palestine. Il est surtout connu comme principal rédacteur du journal hébraïque Ha-Herut, qu’il dirige pendant l’essentiel de son existence.[1][2]

Biographie

Haim Ben-Attar naît dans une famille rabbinique originaire du Maroc. Son père, le rabbin Jacob Ben-Attar, est issu d’Azemmour et appartient à une lignée liée à Judah ben Attar et à Chaim ibn Attar, auteur de l’Or Ha-Haïm. Installé à Jérusalem avant la naissance de son fils, Jacob Ben-Attar compte parmi les responsables de la communauté maghrébine de la ville et dirige une yeshiva qu’il a fondée grâce au soutien d’un donateur.[1]

Plusieurs notices biographiques anciennes le disent né à Azemmour, mais Itzhak Bezalel, en s’appuyant sur des lettres familiales conservées, conclut qu’il est en réalité né à Jérusalem.[1]

Il étudie au beth midrash Doresh Tsion, puis au Talmud Torah. Outre l’hébreu, il apprend le judéo-espagnol, l’arabe, le français et le turc. Avant l’âge de seize ans, il commence à travailler comme ouvrier au dépôt et à l’imprimerie de Moshe Azriel, tout en poursuivant une formation autodidacte.[1]

Sa première activité publique documentée est son adhésion à l’Agoudat Tse‘irei Yerushalayim (« Association des jeunes de Jérusalem »), qui œuvre à l’extension de l’usage de l’hébreu, au rapprochement entre les différentes composantes du Yichouv et au soutien de l’activité sioniste. Cette association participe aussi à l’édition du périodique Hashkafa d’Eliezer Ben-Yehuda.[1]

Débuts dans l’édition et la presse

L’entrée de Ben-Attar dans la presse est étroitement liée à l’activité éditoriale de Moshe Azriel. Celui-ci publie déjà, en judéo-espagnol, des recueils, almanachs et brochures destinés à un lectorat séfarade. Ben-Attar y travaille comme adaptateur, traducteur et collaborateur éditorial avant même l’apparition des journaux El Liberal et Ha-Herut.[1]

En 1909, il devient le partenaire de Moshe Azriel dans le journal judéo-espagnol El Liberal. Au moment de la fondation de Ha-Herut, il joue également un rôle important dans son lancement, même si Abraham Elmaleh en assume d’abord la rédaction. Après une période de transition et l’échec d’une tentative de remplacement du journal par le titre Hayyenu, Ben-Attar est désigné comme rédacteur principal en 1911.[1]

Rédacteur de Ha-Herut

À partir de sa prise en main effective du journal, Ben-Attar cumule pratiquement toutes les tâches rédactionnelles : recherche de matière, mise en page, correction et gestion du titre. Il reste le principal rédacteur de Ha-Herut pendant environ six ans et demi sur les huit années d’existence du journal.[1]

Sous sa direction, Ha-Herut devient un quotidien. Le journal se distingue par son soutien résolu au mouvement sioniste et à la renaissance de l’hébreu. Pendant la guerre des langues de 1913-1914, il ouvre largement ses colonnes aux défenseurs de l’enseignement en hébreu. Selon le témoignage repris par Itzhak Bezalel, les partisans de l’association Ezra tentent même d’acheter le journal pour infléchir sa ligne, sans succès.[1]

Ben-Attar mène aussi une activité militante au-delà de Jérusalem. Il agit en faveur de l’enseignement hébraïque dans plusieurs communautés juives d’Égypte et contribue à la création, à Alep, d’une Agoudat Ivriyah destinée à promouvoir la langue hébraïque et l’éducation hébraïque.[1]

Première Guerre mondiale

Pendant la Première Guerre mondiale, Ha-Herut demeure pendant de longues périodes le seul quotidien hébraïque, et parfois le seul journal hébraïque encore publié dans le pays.[2][1]

Ben-Attar est d’abord mobilisé dans l’armée ottomane en 1912, mais il est rapidement libéré pour raisons de santé après avoir payé un rachat. Durant les années de guerre, lui et Moshe Azriel sont à plusieurs reprises saisis pour des corvées ou des obligations militaires, puis libérés contre paiement. Après la mort d’Azriel en avril 1916, Ben-Attar continue à porter presque seul le journal.[1]

En avril 1917, il est à nouveau arrêté puis mobilisé. Ha-Herut cesse alors de paraître. Envoyé vers le front de Gallipoli, il arrive malade à son unité et bénéficie ensuite d’un congé de maladie. Revenu à Jérusalem quelques mois avant la prise de la ville par les Britanniques, il espère relancer Ha-Herut, mais n’obtient pas l’autorisation nécessaire.[1]

Mort

Quinze mois après son retour à Jérusalem, Haim Ben-Attar contracte une grave pneumonie. Hospitalisé, il meurt trois jours plus tard, le 26 novembre 1918, à l’âge de trente-trois ans.[1][3]

Postérité

L’importance de Ben-Attar tient autant à son rôle de rédacteur de Ha-Herut qu’à sa place dans l’histoire d’une presse hébraïque séfarade moderne à Jérusalem. Itzhak Bezalel a souligné que son parcours avait longtemps été déformé ou négligé, malgré son rôle central dans l’évolution du journal et dans les combats culturels du Yichouv de la fin de l’époque ottomane.[1]

Le Projet Ben-Yehuda lui consacre une page d’auteur, où il est présenté comme « militant sioniste, journaliste, rédacteur et traducteur » de la période du Yichouv.[4]

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes

Notes et références

RéférencesDEFAULTSORT:Ben-Attar, Haim

Notes et références

  1. he יצחק בצלאל על ייחודו של "החרות" (תרס"ט-תרע"ז) ועל חיים בן-עטר כעורכו פעמים 40 1989 121-155 https://files.ybz.org.il/periodicals/peamim/40/Article_40.7.pdf ↑ 2 ↑ 3 ↑ 4 ↑ 5 ↑ 6 ↑ 7 ↑ 8 ↑ 9 ↑ 10 ↑ 11 ↑ 12 ↑ 13 ↑ 14 ↑ 15
  2. en https://www.nli.org.il/en/newspapers/ahj/1910/11 ha-Ḥerut - החרות (notice détaillée) Bibliothèque nationale d'Israël 10 mars 2026 ↑ 2
  3. en https://www.hebcal.com/converter?h2g=1&hd=22&hm=Kislev&hy=5679 22nd of Kislev, 5679 = Tue, 26 November 1918 Hebcal 10 mars 2026
  4. he https://benyehuda.org/author/1937 חיים בן־עטר פרויקט בן־יהודה 10 mars 2026
Rédigé par Super Admin · avril 2026