Le monisme
Le had-ness est la traduction bétarie du terme étranger monisme.
Ce terme désigne le principe selon lequel, durant la période de construction de l’État, le Juif brandira un seul drapeau : celui de l’idéal sioniste. Il ne le mélangera pas et ne l’affaiblira pas en lui ajoutant une autre idéologie.
Cette idée s’oppose à toute forme de shaatnez (שעטנז) idéologique : de même que la tradition biblique interdit le mélange de la laine et du lin, le monisme jabotinskyen refuse le mélange du sionisme avec une idéologie étrangère qui viendrait l’affaiblir, le détourner ou le subordonner à un autre combat.
La nature des choses interdit que l’on mélange deux idéaux nationaux.
En 1936, dans un texte doctrinal, Jabotinsky énonce clairement que la lutte pour l’édification de l’État juif ne peut tolérer qu’on lui joigne une lutte sociale :
Nous nous opposons vigoureusement à la conception selon laquelle il est important de rallier au sionisme des idéaux concernant les classes sociales ou le prolétariat.
Il faut répéter une bonne fois pour toutes que le mouvement de renaissance nationale juive ne prendra pas en considération ces concepts sociaux.
Il est évident que nous n’interdisons pas à un sioniste de nourrir, au fond de son âme, une certaine vision du monde ou d’autres idéaux : c’est son droit et son affaire personnelle.
Toutefois, notre conception — herzlienne — ne reconnaît aucun idéal excepté l’unique idéal : une majorité juive sur les deux rives du Jourdain comme premier pas dans l’édification de l’État, et c’est cela que l’on nomme sionisme.
Devant une assemblée du Brit Trumpeldor, en 1928, il déclare :
Tout d’abord le monisme sioniste.
De nos jours, la majorité de la jeune génération estime qu’œuvrer pour le sionisme n’est pas suffisant.
Elle a besoin d’autre chose, d’un autre idéal qui justifie le sionisme, d’une autre couleur qui nuancerait son aspiration égoïste à la renaissance nationale.
Et moi je cherche une jeunesse qui croit en un seul idéal et ne pense pas aux autres idées.
Au commencement Dieu créa la nation : toute aide à sa résurrection est sacrée, tout obstacle est impur, sa foi est noire et ses drapeaux sont noirs.
Plus loin, il conclut :
Je pense que le sionisme constitue une idéologie belle et indépendante.
Elle vient sauver de la haine des foules et de la honte de la faim des milliers d’hommes.
Elle vient également créer une nouvelle nation dans le monde, afin de propager de nouvelles valeurs qui enrichiront l’humanité entière.
Le sionisme est beau, pur, propre et moral.
Et si cet idéal est moral, alors tout ce qui va à son encontre est immoral.
Sources
- Archives du Betar