Yiddish

L’hébreu est affirmé comme l’unique langue nationale du peuple juif, indispensable à l’éducation bétarie et à la renaissance d’Eretz Israël, tandis que le yiddish, malgré sa richesse culturelle, est rejeté comme langue de diaspora et symbole d’une mentalité galoutique.

L’hébreu comme langue nationale

La langue maternelle de Jabotinsky, né à Odessa en 1880, n’était pas la langue parlée par les Juifs d’Europe centrale et orientale, le yiddish, mais le russe.

Jabotinsky raconte dans Sipour Yamaï comment il a rencontré pour la première fois de sa vie ces masses juives parlant le yiddish lorsqu’à 17 ans il voyagea en dehors des frontières de l’Empire russe.

Bien que cette rencontre n’ait pas réveillé chez lui d’enthousiasme ou d’admiration particulière, il a appris à connaître et à apprécier le yiddish et sa culture.

Bien que respectueux de cette langue, qu’il apprit à parler, dans laquelle il prononça des discours et écrivit de nombreux articles, il a toujours considéré que seul l’hébreu était la langue du peuple juif.

L’hébreu dans l’éducation bétarie

Dans Reayon Betar, en 1934, il écrit :

Le Betar voit dans la langue hébraïque l’unique et éternelle langue nationale du peuple d’Israël. Elle doit être la seule à dominer en Eretz Israël et ce, dans tous les domaines de la vie des Juifs ; en Gola, elle doit au moins être une langue d’étude (...)
Dans l’éducation de chaque jeune Juif, elle doit servir de base et de fondement à tout ; et un enfant juif qui ne connaît pas l’hébreu n’est pas un Juif entier, même s’il est Betari.
Nous respectons les autres langues qu’utilise notre peuple, en particulier le yiddish, pour sa belle et riche littérature.
Plus encore, nous estimons beaucoup l’immense rôle populaire et national que le yiddish a joué et joue toujours comme moyen de lutte contre l’assimilation.
Néanmoins, « la langue nationale », chose bien plus importante, ne peut être une langue dont le peuple a hérité d’un peuple étranger durant son développement historique et qu’il a adaptée.
Ni l’araméen dans le passé, ni le yiddish aujourd’hui ne peuvent être considérés comme des « langues nationales » (...)
La « langue nationale » est la langue qui naquit en même temps que son peuple et qui l’accompagna d’une manière ou d’une autre au long de sa longue existence ; il s’agit de la langue hébraïque.

Le rôle des communautés séfarades et orientales

Jabotinsky voyait également dans les communautés séfarades le facteur qui neutraliserait les risques d’expansion du yiddish en Eretz Israël en imposant son « veto ».

Il écrit en 1932 :

La multiplication de l’élément oriental (...) contribuera à la prise de pouvoir rapide de l’hébreu sur notre terre (...)
La force du yiddish dans la Gola septentrionale se base sur l’affirmation que le yiddish est « fait pour tout ».
Tant que l’élément séphardi et yéménite sera fort, ressenti et imposant dans la vie de notre pays, cette affirmation n’a pas lieu d’être sur les rives du Jourdain.
Nous vaincrons le dialecte naturel par l’éducation en une génération.
Le danger n’est en effet pas le dialecte naturel mais l’idéologie du dialecte, c’est-à-dire le militantisme yiddishiste ; et contre son développement sur notre terre, il n’y a pas d’arme plus efficace que le renforcement de l’élément séphardi dans toutes les professions de la vie publique (...)
Il faut amener le Juif oriental dans toutes les branches d’activité (...) afin qu’en tout endroit, si une langue étrangère se lève et affirme qu’elle est « faite pour tout » et qu’elle est « langue maternelle », il y ait quelqu’un qui se dresse et oppose son « veto ».

Le refus du yiddishisme

Le Betar rejette donc le yiddish et le militantisme yiddishiste, dans la mesure où cette langue a été contractée en diaspora et où elle a développé une mentalité galouthique.

Bien qu’ayant créé une richesse culturelle et religieuse incomparable, le yiddish et sa prolifération s’opposent aux objectifs du sionisme.

Le yiddish est une langue du passé, une langue de diaspora, une langue morte : elle a encore une place dans les musées et dans les universités, mais pas dans la vie de tous les jours.

Sources

  • Archives du Betar