Il a souvent t dit que le mouvement sioniste a ignoré la présence des Arabes en Eretz Israël pour pouvoir mettre en oeuvre son projet national. Bien au contraire, dans la conception politique de Jabotinsky la question arabe occupe une place non négligeable : selon lui, il faut exprimer la position sioniste en public, sans rien dissimuler. Jabotinsky voyait dans la tentative de certaines autorités sionistes de calmer les Arabes, en leur faisant croire que le projet sioniste consistait en une simple et innocente installation de Juifs, non seulement une attitude inefficace, mais aussi une offense l'endroit des Arabes et de leur bon sens. Dans une lettre adresse en 1925 au colonel britannique Keech il crit : "Il nous faut trouver un modus vivendi avec les Arabes ; il vivront toujours en Israël et autour, et de notre ct, nous ne pouvons nous permettre la perptuation du conflit.(...) Je ne méprise pas les Arabes comme ceux qui croient qu'ils nous vendront un jour l'avenir de leurs terres, tant qu'existera encore chez eux l'espoir de se dbarrasser de nous d'un moyen ou d'un autre. Seulement lorsqu'ils perdront cet espoir, des voix modérées s'lveront (...). Mais jusqu' ce moment, précisément car je désire la paix, mon seul objectif est de faire en sorte qu'ils perdent cet espoir (...) Sinon, jamais il n'y aura la paix." Dans un discours lors de la réunion du Sommet National, il déclara :"Et si lors de discussions avec les Arabes ils vous demandent de jurer, jurerez-vous ? Moi non ! Mon lien la terre d'israël est fervent, cette Maison m'est chère, et jamais je n'hypothquerai le rve de notre patrie (...) O trouverez-vous le crdule qui vous raconterez que le peuple d'israël qui fait tout ce bruit, envoie des pionniers (...), n'a pas l'intention de devenir ici la majorité ? Le sionisme est lmentaire et explicite. Chers amis, il est dur de trouver un accord entre deux vérités et deux convictions. Et la nôtre est aussi profonde que la leur." La vérité exposer, mme aux Arabes, est bien entendu l'aspiration sioniste de créer en Eretz Israël un Etat dot d'une majorité juive et donc d'un pouvoir juif. Rien de moins. De plus, il s'agit du territoire d'Eretz Israël tout entier, qui seul pourra permettre selon le plan jabotinskyen d' "Evacuation" de sauver et de loger des millions de Juifs en danger. Jabotinsky affirme qu'il serait mensonger de leurrer les Arabes et de leur laisser croire que les Juifs se contenteront de demi-solutions, comme la rduction du territoire. En 1937, il dclare : "il n'y a qu'un seul et unique compromis possible : dtes aux Arabes la vérité. Et alors, vous verrez que l'Arabe est censé, clairvoyant, juste, et capable de comprendre que comme il y aura trois, quatre ou cinq Etats purement arabes [il y en a ce jour trs exactement 22 et le 23me est en construction...] il sera légitime que l'Angleterre décide de faire de Eretz Israël un Etat hébreu. Alors sera possible un changement dans nos relations avec les Arabes." En 1923, dans son ouvrage "be-derekh le medina" il crit : "d'un point de vue sentimental, mon opinion l'égard des Arabes est la mme que celle l'égard des autres nations : une équanimité totale. D'un point de vue politique,(...) je suis convaincu que l'on ne peut expulser les Arabes d'Eretz Israël, il y aura là-bas deux peuples. La question est autre : est-il toujours possible d'atteindre un but appelant la paix par des moyens pacifiques ? La réponse cette question ne dépend pas de notre lien avec les Arabes mais seulement de leur lien avec nous et avec le sionisme." A la promesse d'une galit de droit totale la minorité arabe, Jabotinsky plaide également pour une autonomie culturelle. Il n'a jamais soutenu la thèse du transfert, bien au contraire, la présence d'Arabes ne gne en rien le projet sioniste. En 1940, dans "khazit ha-milkhama le am israël" il crit : "faire d'Eretz Israël un Etat juif peut se réaliser sans déplacer les Arabes locaux de chez eux (...) Un territoire de 100.000 km [Eretz Israël] habit selon la densité de la France peut contenir 8 millions d'habitants, selon celle de la Suisse, plus de 10 millions, et selon celle de l'Allemagne ou de l'Italie, quelques 14 millions. Aujourd'hui vivent, y compris Juifs et Arabes de l'outre-Jourdain un peu plus de 1.5 millions de personnes. Il reste encore de la place en Eretz Israël pour la plupart des habitants du ghetto d'Europe orientale et centrale (...) sans mme se rapprocher de la densité de la France (...). A moins qu'ils ne décident par eux-mêmes qu'il leur est préférable de quitter Eretz Israël, les Arabes n'ont nul besoin d'émigrer. " Jabotinsky prend également en compte la possibilité que des Arabes n'acceptent pas l'établissement d'un Etat juif. Dans le mme ouvrage, il crit : "s'ils ne veulent pas rester, l'auteur de ces lignes ne voit aucune tragédie ni aucun problème ce qu'ils migrent (...) Nous ne devons pas craindre la sortie des 900.000 Arabes du pays. J'ai dj dit que je ne voyais aucune nécessité dans cette sortie, mais encore qu'elle était indsirable pour de nombreuses raisons. Mais s'il s'avère que les Arabes préfèrent migrer, il nous est permis de compter avec cette option sans peine au cur. En 1923 et après, lorsque sont passés pas moins de 700.000 Grecs en peu de mois en Macdoine, et que 300.000 Turcs sont passés en Tarkia et en Anatolie, le monde s'est habitu l'idée de migrations massives, et a presque commencé y prendre got (...) Au passage, dois-je rappeler, Eretz Israël est assez grande pour un millions d'Arabes, pour un autre million de leurs descendants, pour des millions et des millions de Juifs, et pour la paix." Aujourd'hui, le Betar n'est porteur d'aucun message d'exclusion ou de haine l'encontre des Arabes. Notre position est claire : nous avons combattu et combattons toujours le mouvement national arabe dans la mesure o ses objectifs trouvent leur réalisation dans notre limination. Le contentieux est politique, il n'a jamais t racial.
Sources
- Archive tagar.test — textesjabo.php?ID=7 (_captures/pages/b9e1eca0621f5f.html).