Discours de Sasha

Être ici aujourd’hui, devant vous dont les regards brillent de l’amour de Sion, dans l’accoutrement typique du Betari, me remplit d’une fierté que mes mots seuls ne pourraient suffire à exprimer.

Être ici aujourd’hui, je pense pouvoir l’affirmer, est une sorte de consécration.

Je ne puis m’empêcher de repenser à la jeune adolescente que j’étais, qui criait à qui voulait bien l’entendre qu’il fallait remonter le Bétar.

Et je ne puis m’empêcher de repenser à l’exaltation qui s’est emparée de moi lorsque, il y a près d’un an, Aurélien est venu me voir pour m’annoncer que nous reprenions le Bétar de France.

Après des mois intenses d’études du sionisme, de l’histoire de notre peuple, avec des formateurs toujours présents. Après des luttes acharnées contre ceux qui jalousent la puissance de nos convictions. Nous voici réunis aujourd’hui.

Quel privilège de partager ce moment avec vous tous, et particulièrement avec vous, Eli, Ruben et Aurélien, qui, au-delà de simples confrères ou collaborateurs, ne sont pour moi que des frères d’idées et des amis.

Comment parler du Bétar sans évoquer certains destins qui lui sont intrinsèquement liés ?

Comme celui de Trumpeldor, personnage historique dont le Bétar est l’acronyme, né en 1880 en Russie, pays dont il sera le premier soldat juif décoré par l’armée soviétique, et qui est pour chacun un exemple de détermination et de force de convictions. Sa mort, survenue prématurément en 1920 en défendant la forteresse de Tel Hai, marque le début de son immortalité et de sa postérité idéologique.

Jabotinsky, qui lui vouera une véritable admiration, lui consacrera le nom de son mouvement de jeunesse, en l’honneur duquel nous sommes réunis aujourd’hui.

Je crois d’ailleurs pouvoir résumer l’idéologie du Bétar à une rencontre, de laquelle naquit toute la grandeur du mouvement et la puissance de sa portée. Celle de Yossef Trumpeldor et Vladimir Zeev Jabotinsky en décembre 1914, au Caire, en Égypte.

Entre les deux, un questionnement survint : qu’est-ce qu’un pionnier ?

À cette question, Trumpeldor définira le pionnier comme tel :

Si Israël a besoin d’une roue, je suis la roue.

Si Israël a besoin d’un clou, je suis un clou.


Jabotinsky, à la fois fasciné et méfiant, s’exclame : « Mais il n’existe personne de cet acabit. »


Et Trumpeldor de répondre : « Il y en aura. »


Et Trumpeldor avait vu juste.