Cérémonie d’inauguration du Betar de France à Neuilly (29 septembre 2025)

Le 29 septembre 2025, le Betar de France a tenu sa cérémonie d’inauguration à Neuilly, marquant officiellement la relance du mouvement en France.

Cette soirée a réuni le nouveau bureau du Betar de France, la direction du Betar mondial, d’anciens du Betar de France, des représentants des principales institutions juives françaises, des représentants des EEIF ainsi que de nombreux sympathisants.

Présences

Nouveau bureau du Betar de France

  • Roch Hanaga : Aurélien Bernheïm
  • Roch Hinoukh : Elie Levy
  • Madrihim : Reuven Zarka et Sasha Julien

Direction du Betar mondial

  • Roch Hanaga : Yigal Brand
  • Roch Hinoukh : Andres Tassara

La cérémonie a également rassemblé d’anciens du Betar de France, des représentants des principales institutions juives françaises, des EEIF et des sympathisants venus soutenir cette relance.

Discours de la cérémonie

Discours d’Aurélien

Depuis le massacre génocidaire du 7 octobre 2023, le peuple juif, depuis la Shoah, n’avait pas connu de période plus sombre. Depuis deux ans, il se retrouve assiégé de calomnies, de quolibets et de crachats.

Pourtant, beaucoup d’entre nous avaient cru qu’après Auschwitz, l’antisémitisme s’effacerait à jamais, comme l’écrivait Bernanos dans Les grands cimetières sous la lune : « Les hitlériens ont déshonoré l’antisémitisme. »

Mais ces deux dernières années nous ont démontré, une fois encore, que la haine millénaire n’avait pas disparu : elle s’était seulement déplacée. L’objet avait changé, mais la mécanique demeurait.

Le Juif d’aujourd’hui porte le nom d’Israël. Hier individu fragile, aujourd’hui État souverain, fort de son armée et de son peuple rassemblé après deux mille ans d’exil.

Le vocabulaire lui-même s’est transformé : aux accusations de « peuple déicide » lancées par les chrétiens, ou de « peuple falsificateur » proférées par les musulmans, a succédé le veau d’or des nations modernes — droits de l’homme, morale humanitaire, pureté démocratique.

Le conflit israélo-palestinien est devenu le théâtre où se rejoue l’antique drame. La figure du « pauvre Palestinien », figure christique qu’un Occident à bout de foi chérit comme une idole, incarne la victime parfaite dont il avait besoin pour se déculpabiliser de la Shoah. Israël est ainsi devenu le bourreau parfait : les Juifs eux aussi pouvaient commettre le mal.

Ainsi, la haine s’est parée de vêtements vertueux. La cause palestinienne — ou plutôt le mensonge palestinien, ce « coup de bluff » comme le disait Jacques Kupfer ז״ל — s’énonce dans les forums internationaux, dans les universités et dans les médias.

Au fond, en plus d’être jalouses de notre Torah dans leur inconscient, les nations ne supportaient pas que le peuple juif n’a pas disparu, qu’il est revenu d’entre les morts et que, loin de tendre encore l’autre joue, il se tient fermement sur sa terre, y affirme sa souveraineté totale et y combat avec honneur ses ennemis, comme aujourd’hui à Gaza.

Les nations ne supportaient pas la fierté juive. Ce n’est pas un hasard si leurs Juifs favoris étaient toujours ceux qui joignaient leur voix au chœur des ennemis d’Israël.

Comme l’expliquait Theodor Lessing, le poids de la haine et des souffrances dont est accablé notre peuple depuis l’aube de son histoire devenait parfois trop lourd à supporter. Ainsi, au lieu de porter avec fierté et honneur notre élection, certains Juifs préféraient hurler avec les loups, croyant se fondre dans la masse et échapper à leur destin.

Face à cette lâcheté et à cette soumission, nous avons fondé, il y a deux ans, le Mouvement des Étudiants Juifs Français. Notre objectif auprès des étudiants reste inchangé : diffuser le sionisme religieux et la pensée de Ze’ev Jabotinsky, et leur rappeler que la lutte contre l’antisémitisme ne se ferait ni avec la gauche halal, ni avec ceux qui, depuis huit ans, ont laissé entrer sur le sol de France les futurs bourreaux des Juifs et qui viennent de reconnaître un État palestinien fantoche.

Dans cette perspective de forger une jeunesse juive fière qui refuse la soumission, la relance du Betar pour les adolescents devient une nécessité. Car, comme l’affirmait Jabotinsky : « La jeunesse, c’est l’avenir du peuple juif. »

Beaucoup connaissent cette histoire célèbre : un notable demanda un jour à Jabotinsky où l’on pouvait contempler le plus beau lever de soleil de Jérusalem. Le lendemain, il l’emmena sur une colline où des jeunes s’entraînaient et dit simplement : « Voici le plus beau lever de soleil : la jeunesse juive qui se bat pour Sion. »

Né en 1923 à Riga, le Betar devait marquer l’Histoire. Créé par des étudiants venus écouter Jabotinsky — celui qui avait redressé une armée juive pendant la Première Guerre mondiale —, il leur transmit ce message : « Ne baissez plus la tête en exil, le moment est venu de rentrer à la maison. »

Betar, acronyme de Brit Yosef Trumpeldor — héros tombé à Tel Hai en 1920 —, incarne dès l’origine le courage et la fierté nationale. De par son père spirituel Jabotinsky, le Betar ne fut jamais un mouvement de jeunesse comme les autres.

Dans les années 1930, l’Europe comptait plus de 80 000 Betarim, bercés au sionisme de Jabotinsky et entraînés militairement. Les Betarim n’assistaient pas passivement au cours de l’histoire : ils l’accompagnaient et l’accéléraient.

En déclenchant la révolte du ghetto de Varsovie à Pessa’h 1943, ces jeunes redonnèrent dignité et force aux derniers Juifs de Varsovie. On pourrait aussi citer Menahem Begin, commandant du Betar de Pologne, rescapé des goulags, chef de l’Etzel et, comme chacun le sait, un géant lorsqu’il fut au pouvoir.

En France, où le Betar existe depuis les années 1930, trois noms méritent d’être retenus : Victor Mirkin, Shlomo Friedrich, et l’incontournable Jacques Kupfer ז״ל.

La mission du Betar et de sa branche étudiante, le MEJF, est claire : rassembler la jeunesse juive, offrir une place à ceux qui ne se sentent pas représentés, leur redonner confiance, leur transmettre le goût de l’engagement pour Sion.

Car le combat pour le sionisme ne s’acheva pas en 1948 : notre génération doit le poursuivre en diaspora, puis en Israël, où se trouve notre destinée finale. Car tel est le sens de l’Histoire.

La couronne suprême du Betar reste de vivre sur la terre d’Israël et d’y pratiquer fièrement notre Torah. Comme nous le proclamons chaque Chabbat matin : « Ki mitsion tetse torah » — de Sion sortira la Torah pour éclairer les nations.

Tel Haï.

Discours d’Elie

Chers amis,

Hier soir, en finalisant mon discours, j'ai repensé à l’histoire de David Biderman, mon arrière-grand-oncle, membre important du Betar de Kovno (Kaunas), et je me suis plongé dans des recherches d’archives.

C’est pourquoi je dédie ce petit mot ce soir à sa mémoire et à la mémoire de tous les combattants juifs héroïques qui ont su, même dans les périodes les plus obscures et dangereuses, maintenir la flamme de l’honneur et de la bravoure juive.

Le Betar est plus qu’un simple mouvement de jeunesse. C’est un état d’esprit, un héritage que l’on prend la responsabilité de porter.

Vous connaissez tous l’histoire de Massada : après des défaites écrasantes face aux légions romaines, quelques irréductibles Juifs refusèrent de baisser les armes et menèrent l’ultime bataille jusqu’au sacrifice final, afin de préserver l’honneur juif.

À la veille de Pessah 1943, en plein cœur de l’Europe occupée, quelques poignées de jeunes Juifs refusèrent d’accepter leur sort sans résistance. Ils firent le serment de combattre — comme à Massada — non pour une victoire militaire irréaliste, mais pour une victoire symbolique et intellectuelle.

À Varsovie, au cœur du territoire nazi, une révolte armée juive fut un véritable tremblement de terre pour le IIIe Reich.

Au sein du ghetto de Varsovie, comme dans toute la Pologne, l’idéologie et l’esprit du Betar avaient formé une jeunesse solide, fière et forte.

Pawel Frenkel, dirigeant du Betar dans le ghetto, fonda et dirigea l’Union Militaire Juive. Mordehai Anilewicz dirigea l’Organisation Juive de Combat. Cette division tragique sur des critères politiques, face à un ennemi commun, demeure une leçon toujours actuelle.

J’en viens à David Biderman.

Né en 1915 à Maryampole, il déménagea à Kovno pour étudier. C’est là que son engagement betari commença. Il rejoignit la corporation sioniste révisionniste de son université, puis le Betar de Kovno, où il gravit rapidement les échelons.

Après l’invasion allemande de 1941, les Juifs de Kovno furent enfermés dans le ghetto. David lança un appel unitaire pour organiser une clandestinité armée. Il devint l’un des leaders de la révolte juive du ghetto de Kovno et mourut au combat contre l’armée allemande en juillet 1944.

Il est tombé en soldat, en homme libre. Son héritage vit encore à travers ses descendants et à travers chaque jeune Juif qui se lève, fier, et décide d’affronter avec courage les plus grands défis de son temps.

Pour David Biderman, Pawel Frenkel, les combattants de l’Union Militaire Juive, de l’Organisation Juive de Combat, mais aussi les combattants de l’Etzel et du Lehi tombés pour la libération d’Eretz Israël du joug colonial britannique :

Betarim, Tel Haï !

Discours de Ruben

Chers amis,

Si nous sommes réunis aujourd’hui, c’est grâce à un homme qui a su redonner une voix et une force au peuple juif : Vladimir Zeev Jabotinsky, le père fondateur du Betar qui nous a appris que le peuple juif devait être à la fois digne et fort.

Il nous a transmis deux piliers :

Le Hadar, la dignité. C’est marcher la tête haute, avec discipline, sans jamais se cacher d’être juif.

Le Tagar, la force. La certitude que sans savoir se défendre, il n’y a pas de liberté.

C’est ce qu’il appelle le « mur de fer » : une puissance juive si forte que nos ennemis comprennent qu’ils ne pourront jamais nous détruire. Tant qu’ils pensent que nous sommes faibles, ils continueront d’espérer notre disparition, mais face à une muraille infranchissable, ils finiront par accepter notre existence et rechercher un accord.

Ce message est encore plus d’actualité aujourd’hui. Après le 7 octobre, nos frères et sœurs en Israël prouvent chaque jour qu’ils ne plieront pas face à la barbarie, qu’ils resteront debout et défendront notre peuple avec puissance jusqu’au bout.

En diaspora, ici en France, nous voyons une résurgence d’un antisémitisme violent qui nous rappelle que même loin de Jérusalem, nous devons rester debout et être capables de nous défendre, aussi bien intellectuellement que physiquement.

Le Betar doit donc être cette école : une école de fierté, par le Hadar, et une école de force, par le Tagar. Car si nous ne savons pas nous défendre et si nous ne sommes pas fiers de notre identité, nous redevenons des proies comme à l’époque des ghettos.

Mais si nous cultivons le Hadar et le Tagar, alors nous resterons ce que nous avons toujours été : un peuple éternel, debout face au monde.

Tel Haï !

Discours de Sasha

Être ici aujourd’hui, devant vous dont les regards brillent de l’amour de Sion, dans l’accoutrement typique du betari, me remplit d’une fierté que mes mots seuls ne pourraient suffire à exprimer.

Être ici aujourd’hui, je pense pouvoir l’affirmer, est une sorte de consécration.

Je ne puis m’empêcher de repenser à la jeune adolescente que j’étais, qui criait à qui voulait bien l’entendre qu’il fallait remonter le Betar.

Et je ne puis m’empêcher de repenser à l’exaltation qui s’est emparée de moi lorsque, il y a près d’un an, Aurélien est venu me voir pour m’annoncer que nous reprenions le Betar de France.

Après des mois intenses d’études du sionisme, de l’histoire de notre peuple, par des formateurs toujours présents. Après des luttes acharnées contre ceux qui jalousent la puissance de nos convictions. Nous voici réunis aujourd’hui.

Quel privilège de partager ce moment avec vous tous, et particulièrement avec vous Elie, Ruben et Aurélien, qui au-delà de simples confrères ou collaborateurs, ne sont autres pour moi que des frères d’idées, et des amis.

Comment parler du Betar sans évoquer certains destins qui lui sont intrinsèquement liés ?

Comme celui de Trumpeldor, personnage historique dont le Betar est l’acronyme, né en 1880 en Russie, pays dont il sera le premier soldat juif décoré, et qui demeure pour chacun un exemple de détermination et de force de convictions.

Sa mort, survenue prématurément en 1920 en défendant la forteresse de Tel Haï, marque le début de son immortalité et de sa postérité idéologique. Jabotinsky, qui lui vouera une véritable admiration, consacrera son nom au mouvement de jeunesse en l’honneur duquel nous sommes réunis aujourd’hui.

Je crois d’ailleurs pouvoir résumer l’idéologie du Betar à une rencontre, de laquelle naquit toute la grandeur du mouvement et la puissance de sa portée : celle de Yossef Trumpeldor et Vladimir Zeev Jabotinsky en décembre 1914, au Caire, en Égypte.

Entre les deux, un questionnement survint : qu’est-ce qu’un pionnier ? À cette question, Trumpeldor répondit : « Si Israël a besoin d’une roue, je suis la roue. Si Israël a besoin d’un clou, je suis un clou. »

Jabotinsky, à la fois fasciné et méfiant, s’exclama : « Mais il n’existe personne de cet acabit. » Et Trumpeldor de répondre : « Il y en aura. »

Et Trumpeldor avait vu juste.

Des photos de la cérémonie seront ajoutées prochainement.