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BETAR TAGAR DE FRANCE
Le sionisme par passion, le judaïsme avec fierté
Le sionisme de Jabotinsky était essentiellement un sionisme naturel. Jamais il n'eut besoin d'une quelconque théorie qui justifie sa pensée à qui il a fait don de toute sa force et de toute sa vie. En tant que militant acharné de la cause sioniste, il eut cependant à s'exprimer, que ce soit avec des discours, des articles ou des ouvrages, et par conséquent à approfondir ses thèses sionistes et à les expliciter. Une des questions les plus abordées par la vieille génération sioniste, à l'heure où le cosmopolitisme était une idée répandue et à la mode, fut celle du sentiment national au cœur de la jeunesse hébreue : quel est le caractère de ce sentiment national ? Quelle est son origine ? En 1904, dans le livre "exil et assimilation", Jabotinsky écrit : "D'où vient ce sentiment de particularité nationale, qui sommeille en nous ? Pourquoi notre langue nous est-t-elle chère (pour ceux d'entre-nous qui bien entendu l'ont conservée) ? Pourquoi la musique nationale, même si lorsqu'elle est sans mots, nous occasionne tant d'émotion ? Quelle est donc l'origine de ce lien intérieur, de cet attachement à notre caractère national particulier pour lequel certains sont prêts à accepter la torture ? La première réponse qui me viendrait à l'esprit serait : l'origine est dissimulée dans l'éducation de chacun d'entre nous. Le mode de vie dans lequel on nous a élevé nous est cher et proche tout au long de notre vie. Mais en approfondissant, je me suis rendu compte que cette réponse était inexacte ; j'ai observé ceux qui ont été élevés en dehors du cadre national. Il n'ont jamais vu de Seder de leur enfance, ils ne sont jamais assis dans une Soucca pour la fête des cabanes, ils n'ont pas joué à la toupie à Hanukka (...) En revanche, ils se sont souvenus d'affronts, d'humiliations et de rejet. Et il y en avait parmi ces gens dont les pères également avaient été élevés ainsi ; et malgré tout, quand l'heure arriva (...) ils regrettèrent leurs actes et commencèrent à se languir de leur appartenance nationale, ils se rapprochèrent même d'elle pour mieux la connaître et mieux la ressentir". Il s'avère donc, selon Jabotinsky, l'éducation en tant que telle n'est pas capable de cultiver ce lien national. Il faut donc chercher l'origine du sentiment d'unité nationale dans un phénomène prépondérant à l'éducation : "Le sentiment de particularité nationale est dissimulé dans le "sang" même de l'homme, dans sa structure corporelle-intérieure, et seulement dans celle-ci (...) Aucune éducation - ni la famille, ni l'environnement - ne transformera un homme que la nature a fait calme, en une personne ardente et précipitée" Jabotinsky affirme que le fait national, le fait qu'un individu se regroupe avant tout avec ses semblables dans des structures nationales, guide le monde. "La préservation de la stature particulière des nations est nécessaire au progrès". C'est en se rassemblant avec les siens que l'homme est poussé à créer et à agir pour sa civilisation, pour son pays et pour son peuple, c'est-à-dire pour une partie de lui-même. Dans le même temps, au lieu de se replier sur soi, il prend part au développement de l'humanité en apportant à celle-ci sa propre contribution culturelle, scientifique ou économique. La prééminence de l'identité nationale au sein du peuple juif (due au sentiment national naturel indestructible conjugué au rejet des autres nations qui obligent le Juif à se replier dans une communauté de destins) rend à première vue impossible une assimilation complète. En réalité, le fait diasporique constitue un danger à la survie du sentiment national. Ce ne sont ni l'assimilation culturelle, ni l'exclusion des pratiques religieuses, mais seuls les mariages mixtes qui représentent selon Jabotinsky un danger mortel pour la survie de la particularité nationale dans la mesure où les enfants qui en sont issus ne peuvent ressentir naturellement dans leur "structure corporelle-intérieure" leur identité nationale. Seulement lorsque nous reviendrons sur notre terre et que nous y constituerons une majorité, s'auto-conservera notre particularité nationale.