Jabotinsky insista pour que le peuple juif apprenne la discipline. En effet, les Juifs n'acceptèrent jamais de se soumettre à une quelconque autorité et à lui obéir sans discuter interminablement et la contester. Il considérait ce comportement comme une plaie, une maladie provoquée par l'exil. Il comprit rapidement que le fait d'œuvrer de manière unie et disciplinée était une condition essentielle à la réalisation de tout objectif national conséquent. En 1920, au cours d'une réunion avec les jeunes du Maccabi de Jérusalem, il répondit à ceux qui disaient de la discipline qu'elle entravait la libre volonté de l'homme :« Qu'est–ce–que la discipline ? Si quelqu'un pense que la discipline s'oppose à la liberté d'action, alors il se trompe. Les actions d'un homme ne dépendent-elles pas de plusieurs raisons ou facteurs ? Un homme n'est-il pas toujours entraîné par des courants différents ? La seule différence réside dans le fait qu'il y a des actions que l'homme effectue consciemment et d'autres inconsciemment ». Jabotinsky voulait que le mouvement de jeunesse Bétar soit le laboratoire à partir duquel la discipline pénètre le peuple juif et s'y développe :
« La structure du Bétar est basée sur le principe de la discipline. Notre but est de façonner le Bétar en une sorte d'organisme mondial qui serait capable- après en avoir reçu l'ordre –d'effectuer un mouvement identique, de manière synchronisée, dans toutes les villes du monde. Ses opposants estiment que cette conception fait déshonneur aux hommes libres et qu'elle signifie agir comme une machine. Je propose de ne pas avoir honte de répondre, et même d'être fier :oui, comme une machine. En effet, le fait que de nombreux hommes œuvrent ensemble avec la précision d'une machine constitue une réalisation fondamentale… Personne ne contraint un jeune à joindre le Bétar et à y demeurer. Son libre- arbitre l'a amené à prendre conscience qu'il doit joindre ses actions à celles d'autres personnes au nom d'un but commun. La rédemption d'Israël viendra lorsque le peuple juif aura appris à agir de manière unitaire, comme une machine ». En 1940, peu avant sa mort, le Roch Bétar insista encore sur la définition de ce concept :
« La discipline trouve ses applications dans le fait que la masse se soumette à l'autorité d’un dirigeant, et celui-ci à celle de son supérieur et ainsi de suite… Et cela n'est pas de l'assujettissement à la volonté d'un autre. Au Bétar, le commandant est investi de l'autorité que les jeunes militants lui ont confié de leur propre gré… Le concept de la discipline, au sein de notre mouvement, est lié à la notion fondamentale de Monisme : Nous avons une volonté commune, nous construisons une même œuvre, et nous avons tous répondu à l'appel du même architecte. Son projet nous a tous subjugué et tant qu'il y restera fidèle, nous continuerons à travailler, les outils à la main.